Paris attire toujours les provinciaux

William Molinié

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En 2006, plus d'un jeune parisien sur quatre vivait en province cinq ans auparavant.
En 2006, plus d'un jeune parisien sur quatre vivait en province cinq ans auparavant. — REVELLI-BEAUMONT/SIPA

Chaque année, 57 000 jeunes provinciaux s'installent en Ile-de-France. En 2006, plus d'un Parisien âgé entre 18 et 29 ans sur quatre vivait en province cinq ans auparavant. La région attire visiblement toujours autant cette population, selon une étude de l'Insee et de l'institut d'aménagement et d'urbanisme (IAU) rendue publique hier. Mais ils sont aussi plus nombreux à retourner vivre en province, une fois leurs études achevées.

Des jeunes qualifiés. 63 % des nouveaux arrivants sont titulaires d'un diplôme universitaire. « La région attire surtout les jeunes qui viennent étudier en deuxième ou troisième cycle. Beaucoup d'actifs aussi s'installent dans la région pour leur premier job », commente Guillemette Buisson, chef de la division étude démographique et sociale d'Ile-de-France à l'Insee.

La grande couronne délaissée. Les jeunes arrivants s'installent en premier lieu à Paris ou dans les Hauts-de-Seine, en raison de la proximité de leur lieu de travail ou de leur université. Ils sont majoritairement seuls (35 %) ou en couple mais sans enfants (31 %).

Originaires de l'Ouest. « Les nouveaux Franciliens viennent principalement de Bretagne, d'Aquitaine et des régions limitrophes. Sans doute parce qu'il y a toujours eu plus d'échanges avec ces territoires », analyse Guillemette Buisson. Malgré tout, l'Ile-de-France attire aujourd'hui davantage les jeunes du Sud de la France que dans les années 1990.

Ils repartent plus souvent. « Les jeunes nés en province quittent plus souvent l'Ile-de-France que les autres », écrit Kévin de Biasi, le rédacteur de la publication. Presque 20 % des départs des 18-29 ans sont des retours à la région de naissance. L'accession à la propriété, une meilleure qualité de vie, un changement d'environnement ou la constitution d'un foyer et d'une famille sont les principaux moteurs de ce retour au pays.