La pluie a-t-elle enrayé la sécheresse ?

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En mai dernier, c'était la sécheresse.
En mai dernier, c'était la sécheresse. — A. GELEBART / 20 MINUTES

L'été plutôt humide n'a pas enchanté le vacancier de passage dans la région, c'est le moins qu'on puisse dire. Aura-t-il au moins satisfait les amis de la nature et autres spécialistes de l'hydrologie, qui se désolaient en juin dernier des effets de la sécheresse sur les nappes phréatiques franciliennes ? Malheureusement, ce n'est pas si simple.
« Globalement, cet été, le niveau pluviométrique a été excédentaire par rapport à la moyenne, explique Philippe Vigouroux, hydrogéologue au Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM). Cela a atténué les effets négatifs du printemps très sec. » L'arrosage naturel des champs a aussi évité aux agriculteurs de pomper dans les nappes, comme ils ont pu le faire les étés précédents. Mais tout cela n'a pas suffi à recharger les nappes phréatiques. « En été, il y a beaucoup de végétation et les températures sont élevées, reprend Philippe Vigouroux. Une grosse partie de la pluie a servi à redonner un coup de vert, une autre partie s'est évaporée. » Le niveau des nappes phréatiques franciliennes reste donc inférieur à la normale, même si le BRGM note une atténuation de la baisse.
Comment nos réserves souterraines pourraient-elles alors retrouver un niveau satisfaisant ? Selon le BRGM, « il faudrait d'énormes recharges hivernales, entre septembre et janvier, pendant plusieurs années. Or celles-ci sont insuffisantes depuis quatre ou cinq ans. » En clair, quelques automnes mouillés valent mieux qu'un été gâché.Hélène Colau