A Saint-Denis, le vote des étrangers mobilise

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Gopé, 68 ans vit en France depuis 42 ans. Malien, retraité, ancien éboueur, il a « connu De Gaulle », a « milité à la CGT », a « toujours payé ses impôts ». Il connaît « bien mieux la France que le Mali ». Mais c'est seulement hier à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), qu'il a pu, pour la première fois, voter. Bien sûr, le geste n'est que symbolique. Le 23 février, le tribunal administratif de Cergy (Val-d'Oise) a jugé le scrutin illégal. Pour Gopé, pourtant, « il est anormal que les autres continuent à choisir à (s)a place ». Tout comme lui, 64,1 % des Dyonisiens se sont prononcés en faveur du vote et de l'éligibilité des résidents étrangers aux élections locales lors d'un référendum organisé par le maire de Saint-Denis, Didier Paillard (PCF). Pour l'occasion, 2 500 étrangers extra-communautaires s'étaient inscrits sur les listes, soit environ le quart de cette population sur la ville.

Le score en faveur du oui s'accompagne d'une participation de près de 30 %, jugée « très satisfaisante » par la mairie, dans une ville qui s'abstient beaucoup, « d'autant plus qu'il ne s'agissait pas d'une campagne nationale ».

Pour Georges Sali, élu municipal PS, « ce qui compte, c'est la main tendue pour montrer que tout le monde a sa place dans la vie publique ». D'autres maires pourraient engager des consultations du même type.

Michaël Hajdenberg

Dominique Voynet (Verts), François Hollande (PS) ou encore Alain Krivine (LCR) sont venus soutenir le maire de Saint-Denis hier. Le PS a déclaré qu'il comptait légiférer sur le sujet ou le soumettre à referendum, une fois au pouvoir.