La Valse des procureurs agite le palais

William Molinié

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J.-C. Marin est le procureur du TGI de Paris depuis six ans. Un record à ce poste sensible.
J.-C. Marin est le procureur du TGI de Paris depuis six ans. Un record à ce poste sensible. — WITT/SIPA

Le jeu de chaises musicales va commencer. Aujourd'hui, deux personnalités du palais de justice de Paris sont entendues par le conseil supérieur de la magistrature (CSM) qui doit se faire un avis sur leurs candidatures au poste de procureur général de la cour de cassation, la plus haute juridiction française. Les deux procureurs parisiens chargés de mettre en place la politique pénale, celui du tribunal de grande instance (TGI), Jean-Claude Marin, et celui de la cour d'appel de Paris, François Falletti, sont en compétition pour remplacer Jean-Louis Nadal, parti à la retraite le 30 juin dernier. Ces mouvements au sommet de la hiérarchie judiciaire vont modifier le paysage du TGI, à moins d'un an de la présidentielle.

Le ministre choisira
Présenté comme le favori, Jean-Claude Marin, l'actuel procureur de la République du TGI de Paris, est réputé proche du pouvoir. Il a soutenu activement l'accusation dans l'affaire Clearstream et défendu la réforme de la justice de Nicolas Sarkozy. « Ses décisions n'ont pas posé de problème au pouvoir en place. Je ne serai pas surpris qu'il l'emporte », avance Matthieu Bonduelle, secrétaire général du syndicat de la magistrature. Face à lui, François Falletti, le procureur général de la cour d'appel de Paris a une solide maîtrise des affaires criminelles et du droit européen, mais n'est arrivé que récemment, en janvier 2010, dans la fourmilière parisienne. Deux autres candidats seront également entendus aujourd'hui : Gilbert Azibert, l'ancien secrétaire général de la Chancellerie et Cécile Petit, premier avocat à la cour de cassation, qui assure l'intérim en attendant cette nomination. Quelle que soit la décision, la place laissée vacante devrait attiser les convoitises. Ainsi, le procureur désavoué de Nanterre, Philippe Courroye, pourrait tenter un retour sur le devant de la scène. Le dernier mot reviendra au garde des Sceaux, Michel Mercier, qui a exprimé sa volonté de suivre les avis du CSM, même si celui-ci n'a qu'un rôle consultatif dans ce dossier.