Guéant drague la communauté chinoise

William Molinié

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Claude Guéant a fait hier le tour du quartier de Belleville.
Claude Guéant a fait hier le tour du quartier de Belleville. — A. GELEBART / 20 MINUTES

Visite éclair, hier, à Belleville (20e) dans un quartier hypersécurisé. Claude Guéant, le ministre de l'Intérieur, est venu faire les yeux doux aux Asiatiques du quartier, qui ont manifesté contre l'insécurité il y a dix jours. Depuis plusieurs mois, les Chinois montent au créneau pour dénoncer des vols à la tire et des violences à répétition.

« On veut la sécurité »
Le ministre s'est rendu dans plusieurs restaurants, notamment celui où travaillait Jiang Hu, serveur de 32 ans, qui est dans le coma depuis fin mai à cause d'une agression. « Nous sommes là pour exprimer un ras-le-bol de toute la communauté », lâche M. Huang, réclamant plus d'effectifs policiers ainsi que l'installation de caméras. « Aujourd'hui, on vous demande qu'une seule chose, on veut la sécurité, pas que pour les Chinois, mais pour tout Belleville », interpelle un autre jeune homme. Le ministre ne fera pas d'annonce mais demande aux associations de mieux travailler avec la police nationale pour faire de la prévention. « Les commerçants chinois utilisent beaucoup de liquidités. Pour les voleurs, c'est un moyen tentant. On peut peut-être acheminer l'argent différemment », propose-t-il.
De son côté, la maire PS du 20e, Frédérique Calandra, voit dans cette visite « une récupération politique » en vue de la présidentielle. « La vraie question, ce n'est pas les Chinois. Mais c'est la sécurité pour tous à Belleville », s'indigne-t-elle, regrettant que le ministre ne soit pas allé à la rencontre des autres communautés qui composent le quartier.

Soupçons de Propos racistes

Frédérique Calandra rapporte des « propos racistes » tenus dans un des restaurants. « Anh-Dao Traxel [fille adoptive des Chirac, qui participait à la visite] a dit qu'il fallait nettoyer le quartier de la racaille. Une personne a lancé : “Les voyous, c'est les Arabes et les Noirs.” J'ai cru que le ministre allait recadrer. Rien. J'ai préféré partir. »