L'hébergement d'urgence en crise

William Molinié

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Rassemblement des mal logés hier devant le tribunal administratif de Paris.
Rassemblement des mal logés hier devant le tribunal administratif de Paris. — A. GELEBART / 20 MINUTES

Un manifeste pour une autre politique d'hébergement d'urgence. Hier, les présidents de gauche des départements de l'agglomération ont dénoncé « la suppression de 5 000 places d'hôtels » et la baisse des crédits de l'Etat. « C'est une faute grave car il en manque déjà 13 000 dans la région », s'inquiète Bertrand Delanoë, maire PS de Paris. « Les premières touchées seront les femmes victimes de violences », avance Christian Favier, président PCF du conseil général du Val-de-Marne.

Moratoire sur les suppressions
« Concrètement, les personnes seules se voient refuser une place en hôtel par le Samu. Seules les femmes avec enfant ou enceintes sont prises en charge », souligne Jean-Baptiste Eyraud, porte-parole de l'association Droit au logement (DAL), qui a déposé au tribunal administratif un recours contre l'Etat. De son côté, la préfecture de région estime qu'il n'y a pas de « suppression de places » mais un encouragement aux « sorties de l'hôtel vers le logement », car le système actuel met « en difficulté la capacité de l'Etat à assurer la prise en charge des publics vulnérables », notamment cet hiver. Le ministre du Logement, Benoist Apparu, y voit une « manipulation des élus de gauche ». Ces derniers veulent le rétablissement des crédits d'urgence accordés au Samu Social et aux autres associations gestionnaires de centres.