«Je me reconnais plus en élue de terrain qu'en apparatchik»

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Françoise de Panafieu, candidate aux primaires de l'UMP pour les municipales de 2008

Qu'est-ce qui vous différencie des autres candidats ?
J'arrive avec un parcours d'expérience et de maturité, persuadée que la fonction de maire de Paris ne s'invente pas. Sans une forte expérience de la vie locale, on ne peut prétendre à exercer cette fonction.

Jean Tiberi, qui a été maire de Paris, devrait être le candidat idéal alors ?

Je me reconnais plus comme élue de terrain que comme apparatchik d'un mouvement politique. Le côté pragmatique prime sur le côté idéologique.

Le thème de la circulation vous tient à coeur...

L'équipe municipale s'est jetée à corps perdu dans une politique idéologique de circulation. Il faut proposer à chacun d'avoir sa voiture s'il le souhaite, avec un parking, or pas un seul n'a été créé depuis 2001. Je voudrais construire au moins un parking résidentiel par arrondissement.

Vous critiquez la politique du logement, que feriez-vous ?

Il faut revoir le processus de prise de décision. Les constructeurs sont à l'extérieur de la ville à cause de la lenteur dans la gestion des dossiers du côté de la Mairie de Paris. Il faut ainsi jusqu'à vingt-deux mois pour obtenir un permis de construire car quatre adjoints doivent le valider.

Quel type de logement souhaitez-vous construire ?

Les populations à revenus moyens sont chassées, la Mairie n'a rien construit à leur intention. Il faut aussi faire une mixité dans les cages d'escalier. Les HLM sont souvent attribuées à des familles monoparentales avec femmes et enfants. Les hommes en sont chassés.

Vous estimez que l'activité touristique est menacée...

Le tourisme d'affaires a perdu 41 % de ses réunions internationales. Paris a la réputation d'être une ville où on ne circule plus et où on arrive en retard à ses rendez-vous. Je vois se profiler Berlin qui, quand elle aura terminé sa réunification, deviendra une capitale face à laquelle Paris n'existera plus.

Etes-vous satisfaite de cette campagne des primaires ?

Les réunions avec les adhérents dans les arrondissements sont toujours pleines, et animées. Ce système de primaires est plus juste que celui des commissions d'investitures, avec qui j'ai souvent eu maille à partir.

Un sondage Ipsos, commandé par le club Lutèce – club de réflexion dont vous êtes présidente d'honneur– , vous plaçait en tête devant les trois autres candidats, ce qui a créé une polémique durant la campagne...

Ce qui compte c'est la fiabilité du résultat. La commission des sondages a affirmé qu'il est vrai, à partir de là je l'accepte.

Etiez-vous surprise d'arriver en tête ?

Non. Un second sondage est d'ailleurs venu le confirmer : Bertrand Delanoë y recueillait 68 % de bonnes opinions ; avec 62 %, j'étais deuxième, devant Bernard Debré, douze points derrière. Lui aussi avait fait faire un sondage – pour savoir s'il s'engagerait dans les primaires –, qui le plaçait déjà derrière moi...

Bernard Debré ne participe pas aux primaires, mais compte se présenter aux municipales. Qu'en pensez-vous ?

Il s'est exclu de lui-même. Ces primaires ne sont pas un parcours de santé ; je ne vois pas un candidat refuser d'y participer, puis subitement débarquer dans la course.

Est-il envisageable que vous formiez un duo pour les municipales ?

Nous nous connaissons depuis très longtemps, et c'est un élu qui compte. Il aura totalement sa place dans l'équipe.

Quelle devra être la stratégie de la droite pour gagner ?

Les enjeux majeurs se situent sur le 12e, le 14e et le 19e. Dans ce dernier, j'ai trouvé une population en déshérence, et un maire qui ne semble pas si apprécié que cela. Il faudra aussi regarder vers le 18e.

Pour les mêmes raisons ?

Oui. Cet arrondissement pourrait devenir le cimetière des éléphants : les élus du 18e sont – ou étaient –Jospin, Estier, Vaillant, Delanoë. Or, les habitants sont en droit de demander à cette équipe ce qu'elle a fait de leur arrondissement. La municipalité veut rendre piéton le quartier Montmartre. Cela va achever de scinder cet arrondissement en deux, entre les aisés et les aidés.

Recueilli par Magali Gruet et Mickaël Bosredon

«Il faut proposer à chacun d'avoir sa voiture s'il le souhaite, avec un parking, or pas un seul n'a été créé depuis 2001. »