Un plan de reconquête pour Sevran

William Molinié

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Une unité spécialisée contre le trafic de drogue a été mise en place hier suite aux incidents qui ont eu lieu à Sevran.
Une unité spécialisée contre le trafic de drogue a été mise en place hier suite aux incidents qui ont eu lieu à Sevran. — A. GELEBART / 20 MINUTES

«Sevran est un symbole du non-droit. » Le ministre de la Justice, Michel Mercier, a reconnu hier qu'il fallait « améliorer le fonctionnement » de la police et de la justice dans cette ville de Seine-Saint-Denis, minée par les trafics de drogue (lire encadré). Avec Claude Guéant, ministre de l'Intérieur, il a mis en place au parquet de Bobigny, une unité judiciaire spécifique de lutte contre les trafics de stupéfiants. « La nouveauté, c'est l'efficacité », a lancé M. Guéant. Concrètement cette section du parquet de Bobigny, dirigée par la procureur adjointe, Anne Kostomaroff, s'attellera tout particulièrement à démanteler les têtes de réseau de Sevran en coordonnant les services d'investigation. Une action ciblée qui devrait « donner des résultats très concrets », insiste Sylvie Moisson, la procureur de Bobigny, sans préciser les délais dans lesquels les premiers dealers seront arrêtés.

Pas de moyens humains en plus
Ces mesures interviennent dans un contexte de polémiques, engagées par le maire EELV de Sevran, Stéphane Gatignon, réclamant l'intervention de l'armée et des casques bleus dans les cités ainsi que la dépénalisation du cannabis. La première réponse de l'état avait été d'appeler en renfort des CRS, positionnés dans la ville. « Nous n'avons pas de moyens humains complémentaires. Il faut être meilleurs à effectifs constants », reconnaît Sylvie Moisson. « Les CRS ne partiront pas tant que les arrestations des dealers et des chefs de réseau n'auront pas été effectuées », assure de son côté Claude Guéant. Ce dernier présentera d'ici dix jours un « plan de reconquête urbaine » pour Sevran, incluant l'éducation nationale, la formation et le chômage. Le ministre s'est par ailleurs engagé à se rendre une fois par mois dans la ville pour « veiller à la bonne application » de ce plan.

Règlements de comptes

La ville de Sevran retient l'attention des ministres depuis le 1er juin dernier, où près de 600 enfants de l'école Montaigne ont été privés de récréation à cause de coups de feu dans le quartier. Des règlements de compte liés aux trafics de drogue qui gangrènent la vie des habitants.