Ça sent le roussi pour la Rôtisserie

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La cantine est menacée de fermeture.
La cantine est menacée de fermeture. — V. WARTNER / 20 MINUTES

Depuis quinze ans, la Rôtisserie résiste encore et toujours à la hausse des prix dans la restauration. Mais pour combien de temps encore ? Les responsables de cette cantine associative de la rue Sainte-Marthe (10e) s'attendent à recevoir un commandement d'expulsion « d'un jour à l'autre ». En janvier dernier, ils ont perdu le procès les opposant au propriétaire du restaurant, qui cherche depuis quatre ans à vider le local.
Un désastre pour les personnes qui font vivre le lieu, dont sept employés en réinsertion. « C'est l'un des rares endroits où les habitants fauchés peuvent encore manger à midi, avec des plats végétariens à 3,50 € et carnés à 5,50 € », rappelle Mathieu Colloghan, membre du bureau de la Rôtisserie. Le soir, les associations qui souhaitent financer un projet culturel ou social y organisent des dîners dont ils gardent la recette. Les problèmes de la Rôtisserie ne datent pas d'hier : ils ont commencé en 2003, avec le rachat du local. Depuis, c'est la guerre. « Ils vont le revendre pour faire une boutique chic, déplore un voisin, passé dire bonjour. Alors que c'est l'un des seuls endroits qui reste dans la logique de ce quartier populaire… » Avec des prix d'environ 7 000 € au m2, la tentation est forte pour les spéculateurs de réaliser une belle plus-value. Mais l'association s'accroche, plaidant que « face à la gentryfication du quartier, il doit rester des espaces où la logique marchande n'a pas cours ». Elle compte sur la mobilisation de la population pour une manifestation* prévue samedi. Hélène Colau