Sur Magenta, le bout du tunnel approche

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Une moitié nord qui chouine, une moitié sud qui respire.

Avec cinq mois d'avance sur le planning, le boulevard Magenta (10e) émerge doucement des travaux, lancés en juillet 2004.

Le 30 mars, le maire inaugurera ce nouvel « espace civilisé », où piétons, vélos et bus disposeront désormais de davantage d'espace que les voitures.

Si les automobilistes peuvent mettre encore trois quarts d'heure pour relier le carrefour Barbès à la gare de l'Est, les commerçants aussi pestent.

« Depuis un an, mon chiffre d'affaires a chuté entre 25 et 50 % », témoigne William Hagège, vendeur de vêtements bon marché dans le haut du boulevard.

Lui compte « trois ou quatre ans » pour que ses affaires retrouvent leur niveau d'avant, « le temps qu'il faut aux gens pour s'habituer à venir en métro ».

Jugeant les emplacements de livraison trop éloignés de sa boutique, il prévient : « On se garera dans le couloir de bus. »

Caviste près de la gare du Nord, Patrick Garnier rappelle qu'« avant, il y avait six voies pour les voitures, soit autant que sur le périphérique, et c'était infernal pour les piétons ».

Et de remarquer que de plus en plus d'immeubles sont ravalés et que « l'embellissement suivra les travaux ».

Sur la partie déjà achevée du boulevard, la circulation n'est « pas moins fluide qu'avant », assure la Mairie.

Reste que les pistes cyclables, au milieu du trottoir, sont encombrées par les piétons ou les motos mal garées.

Le marquage au sol testé sur le bas du boulevard permettra-t-il d'éviter l'imbroglio ?

Sophie Caillat

Trois cents arbres ont été plantés sur le boulevard Magenta pendant les travaux. Les trottoirs ont été élargis de 5 à 8 mètres, pour revenir à la largeur qu'ils avaient à l'époque du préfet Haussmann, au xixe siècle.