Christian LAMBERT RESTE à LA TêTE Du 93

WILLIAM MOLINIé

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« Panda » peut rester à la préfecture du 93 pendant deux ans.
« Panda » peut rester à la préfecture du 93 pendant deux ans. — A. GELEBART / 20 MINUTES

Nicolas Sarkozy le surnomme affectueusement « Panda ». Car « lorsqu'il s'accroche à un endroit, il ne le lâche plus. Comme un panda reste agrippé à son bambou », confie un élu de droite de Seine-Saint-Denis. Christian Lambert, le préfet du 93 aux yeux constamment cernés a eu 65 ans hier. Il est censé prendre sa retraite de haut fonctionnaire mais une loi, adoptée en urgence le 26 mai, lui permet de repousser de deux années la fin de son service. Un texte, de l'aveu même des députés de droite, qui a été taillé sur mesure pour que cet ami très proche du président de la République reste à la tête du département, au moins jusqu'à l'élection présidentielle. « Il faut prendre en compte les spécificités de la Seine-Saint-Denis qui a connu six préfets en dix ans. Tout le monde veut de la continuité », argumente Eric Raoult, maire UMP du Raincy, qui ne cache pas son attachement au super-flic.

Homme de poigne
Ancien patron du Raid et des CRS, déterminant dans l'arrestation d'Yvan Colonna, le préfet du 93 est resté un homme de terrain. « Certains soirs, il prend sa voiture et patrouille dans les rues du département », assure un cadre d'un syndicat policier. Il se déplace au chevet des fonctionnaires blessés, des victimes d'agressions, et emmène parfois avec lui le ministre de l'Intérieur. « Il m'a appelé un matin à 7 h sur mon portable pour m'annoncer qu'on avait retrouvé des cocktails Molotov dans un lycée. Il voulait m'avertir qu'ils étaient destinés à être projetés sur la mairie », raconte Eric Raoult. Mais la méthode Lambert a ses limites, notamment dans la lutte contre l'occupation des halls d'immeuble dont il a fait une priorité. « Des trafics de drogue sont démantelés. Mais ils se reconstituent à côté immédiatement. Et puis, dans le 93, il n'y a pas que la sécurité. Il y a des problèmes de logement, d'éducation, d'emploi », nuance Stéphane Troussel, vice-président PS du conseil général « On pourrait lui décerner le prix de la camaraderie. Car il est disponible et qu'il a un contact facile. Mais il doit affronter comme tous les préfets de France la mauvaise politique incarnée par Nicolas Sarkozy », ajoute-t-il.