Qui veut devenir prof à Paris à la rentrée ?

Hélène Colau
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Les remplaçants pourront être appelés à tout moment de l'année.
Les remplaçants pourront être appelés à tout moment de l'année. — F. SCHEIBER / 20 MINUTES

   Top départ pour la rentrée de septembre. Le rectorat de Paris et Pôle emploi organisent aujourd'hui une journée de prérecrutement* d'enseignants non titulaires afin d'assurer les remplacements dans les collèges et lycées parisiens pour l'année scolaire 2011-2012. 

 Un recrutement géant
« Ce n'est pas la première fois qu'on organise un recrutement avec Pôle emploi, explique-t-on au rectorat. Mais la nouveauté cette année, c'est qu'on offre de nombreux postes dans toutes les filières en même temps. Nous allons ainsi constituer un vrai vivier de remplaçants. » Des postes sont à pourvoir dans environ 25 disciplines, des mathématiques à l'électrotechnique en passant par les langues ou la musique. Pour postuler, il faudra « être titulaire d'un master, voire d'une licence au minimum, sauf pour certaines matières professionnelles, d'après Pôle emploi. La capacité à transmettre le savoir, qui sera évaluée lors d'un entretien, sera un plus. »
  Hier, Pôle emploi avait reçu plus de 500 candidatures. Certains postulants ont déjà une expérience dans l'enseignement, mais il y a aussi des étudiants, des professionnels temporairement au chômage… « On ne s'improvise pas prof de maths en 6e, tempête Thierry Ananou, secrétaire académique du syndicat d'enseignants Snes. Ces non titulaires arrivent sans aucune formation, ils n'ont jamais effectué de stage avec une classe. Il faudrait plutôt recruter des remplaçants titulaires, dont le nombre a baissé d'un tiers en deux ans dans l'académie. » Pour le rectorat, ces postes peuvent constituer une opportunité pour les professionnels souhaitant se reconvertir, « un marchepied pour ensuite passer le concours ». Ce n'est pas le point de vue de tout le monde. « Ces enseignants sont recrutés à un salaire bas, sans évolution possible, regrette Thierry Ananou. Les remplaçants partent donc dès qu'ils trouvent un autre emploi. Du coup, il y a un énorme turn-over préjudiciable aux élèves. »