Le colossal marché mondial des manuscrits dérobés

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 Le H52 est unique. Mais il est loin d’être le seul à s’être évaporé dans la nature. Outre ce document hébraïque comportant le Pentateuque, les Leçons
des Prophètes, les Lamentations et l’Ecclesiaste, au moins 25 documents dont cinq hébraïques auraient disparu de la Bibliothèque nationale, selon sa direction. Les soutiens de Garel parlent de 46 documents de grande valeur, pour un montant se chiffrant en millions de dollars, et refusent que l’ancien conservateur porte le chapeau pour toutes ces disparitions. « Dès la fin des années 1980, Garel avait mis en garde contre les problèmes de sécurité. On ne l’avait pas pris en considération », raconte son avocat, Lef Forster, selon lequel d’autres écrits de grande valeur ont disparu depuis la mise en cause de son client. Ce que la BNF conteste : « Depuis que Jean-
Noël Jeanneney est devenu président de la bibliothèque, la transparence est totale sur le sujet, y explique-t-on. On recense plus souvent les ouvrages et s’ils disparaissent, on porte plainte. » La sécurité aussi aurait été accrue, sans éliminer tous les risques, « car c’est impossible ». Toutes les bibliothèques sont en effet confrontées à ces vols. A Milan, à Saint-Pétersbourg, des documents précieux ont aussi été dérobés. Les documents hébraïques alimentent un grand marché illégal. Selon Michel Garel, c’est une secte juive fondée en Roumanie, les Satmers, déjà pris la main dans le sac, qui pillerait les collections.

M. H.