Abbesses a le meilleur boulanger de Paris

COMMERCE Pascal Barillon va recevoir son prix de la meilleure baguette 2011 à la fête du pain

Lucie Soullier

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La boulangerie de Pascal Barillon fait la meilleure baguette.
La boulangerie de Pascal Barillon fait la meilleure baguette. — A. GELEBART / 20 MINUTES

Sur la devanture du 6, rue des Abbesses (18e), une petite affichette annonce la bonne nouvelle. La semaine dernière, Pascal Barillon a remporté, à 52 ans, le prix de la meilleure baguette de Paris. Un titre qu'il attend depuis 2001, année de sa première participation au concours, et qui lui est décerné officiellement aujourd'hui, sur le parvis Notre-Dame qui célèbre la fête du pain jusqu'au lundi 16 mai.

La fierté du quartier
« C'est une grande satisfaction personnelle mais aussi pour toute l'équipe d'Au Levain d'Antan » Ils sont neuf, dont Marie-Noël, son épouse, souriante derrière le comptoir. « On attend la fin de la période de turbulences puis on pourra faire la fête tous ensemble. » Car les clients se succèdent, commandant des petits choux fourrés, des pains de campagne, des sachets de bonbons à 2 €… Mais surtout la fameuse baguette. « Beaucoup de Japonais viennent acheter la «baguette gagnante» », sourit l'artisan boulanger, avant de se faire interpeller par une jeune femme qui tient à le féliciter. « Je suis fière de dire que mon boulanger de quartier fait la meilleure baguette de la capitale ! » Car, outre les nombreux touristes du cœur de la Butte Montmartre, la clientèle d'Au Levain d'Antan comprend aussi, et surtout, des habitués. Pascal Barillon, qui livrera désormais l'Elysée pendant un an, prend d'ailleurs très au sérieux le rôle de son petit commerce de quartier. « On connaît tous les clients, toutes les mamies du coin. Si l'une d'elle ne vient pas, on s'inquiète, on essaie d'avoir des nouvelles. » Et pour cause, le couple Barillon est installé depuis le 1er mars 1988 au 6, rue des Abbesses. Après avoir été apprenti en Eure-et-Loir, salarié à Paris, puis gérant, Pascal a monté sa propre affaire. « Le métier de boulanger est un véritable ascenseur social. » La reconnaissance de son savoir-faire est donc une consécration pour celui qui, avec un père maréchal-ferrant, un oncle boulanger et un frère pâtissier, a « baigné dans l'esprit du travail bien fait » depuis l'enfance. Un métier devenu passion, pour lequel il se lève tous les jours à 1 h 45 du matin.