Les usines Leroy à Saint-Fargeau-Ponthierry reprennent des couleurs

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L'entrée du centre, les escaliers pour rejoindre la salle polyvalente, le 1er étage et la fameuse machine aux 26 couleurs.
L'entrée du centre, les escaliers pour rejoindre la salle polyvalente, le 1er étage et la fameuse machine aux 26 couleurs. — C. VOISIN / 20 MINUTES

Feu d'artifice aux 26 couleurs. Le 24 juin, les usines de papier peint Leroy à Saint-Fargeau-Ponthierry (Seine-et-Marne) vont afficher avec un nouveau visage pour l'inauguration des 26 Couleurs avec stars et spectacles. Fermée en 1982, l'ancienne centrale électrique abrite un objet rare : la machine aux 26 couleurs qui a donné son nom au nouveau centre culturel. Début avril, 20 Minutes a pu découvrir le chantier bien avancé de cette réhabilitation qui aura mis dix ans à aboutir. « Je savais qu'il y avait ici une machine mystérieuse seule au monde capable d'imprimer 26 couleurs sur du papier peint, raconte le maire Lionel Walker, ravi de faire visiter les lieux. J'y ai vu un petit bijou sous un amas de détritus. Je souhaitais au moins protéger cet objet. Qui disait machine disait bâtiment… » Dès l'entrée, une salle de 9 m de haut accueillera associations et expositions. Un espace central polyvalent proposera en alternance des films (d'art et d'essai et avec un accent sur la programmation familiale) et du spectacle vivant. Enfin, une salle-musée fera découvrir au public des génératrices remises en état et la fameuse 26 couleurs, rareté inventée au XIXe siècle qui fut montrée lors des Expositions universelles (les machines habituelles proposent plutôt 12 couleurs). Dans cette même salle, l'histoire des usines Leroy sera retracée grâce à des interviews filmées d'historiens et d'ouvriers. Mais l'espace sera aussi investi par des spectacles sons et lumières. Au premier étage, une salle de répétition et un espace pour le restaurant donnent directement sur la Seine, où les bateaux venaient décharger leur charbon par une passerelle à l'époque.
A la fois écolo et respectueux d'une histoire parfois oubliée, les 26 Couleurs a pour vocation de devenir un centre touristique du département. Mais l'espace devrait aussi accueillir un centre de formation. Brique, béton, meulière, baie vitrée et couleurs sobres, l'architecte s'est efforcé de conserver l'esprit industriel du lieu. « La première démarche de développement durable consistait à ne pas détruire, mais utiliser au maximum l'existant. D'autant qu'aujourd'hui, on ne saurait pas reconstruire le bâtiment à l'identique », souligne Philippe Prost, l'architecte.O. G.