« 9-2 », v'là les flics dans les collèges

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Les bleus arrivent, les profs voient rouge. L'expérience qui va être lancée dans le département des Hauts-de-Seine visant à implanter des « correspondants de la police » dans certains collèges provoque un vif débat. Demain, le ministre de l'Intérieur et président du conseil général des Hauts-de-Seine, Nicolas Sarkozy, signera à Nanterre un « protocole départemental » pour renforcer la sécurité dans les collèges par la nomination d'un policier référent. Ces policiers en tenue seront là pour « aider les chefs d'établissement, les enseignants, les conseillers d'éducation, les parents d'élèves et les élèves ». Dans un premier temps, l'expérience pourrait débuter dans douze collèges du département. Elle devrait durer six mois, mais le dispositif a vocation à être étendu.

Cela provoque l'opposition « nette et franche » des syndicats, et notamment du FSU. Pour Robert Riquois, son représentant dans le département, « il est inadmissible que ni les enseignants, ni les syndicats, ni les conseils d'administration n'aient été consultés ». « Il ne s'agit pas de sécurité routière, ni seulement de prévention, mais bien d'enregistrer des plaintes sur place, c'est-à-dire de vraies fonctions de police judiciaire. » Et Robert Riquois de s'interroger : « Que va devenir l'autorité du principal, du surveillant, du conseil de discipline ? C'est d'autant moins judicieux que des moyens sont parallèlement retirés aux ZEP. » La collaboration s'annonce houleuse.

Michaël Hajdenberg

Les douze collèges concernés sont situés sur trois communes : cinq collèges à Courbevoie, cinq à Antony et deux à Clichy-la-Garenne.