Le métro, un tremplin très courtisé

William Molinié

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La station Miromesnil s'est transformée en salle de concert pour les musiciens du métro.
La station Miromesnil s'est transformée en salle de concert pour les musiciens du métro. — S. ORTOLA / 20 MINUTES

Un casting chaque année toujours plus « select ». Au point même d'être aujourd'hui un véritable label. Keziah Jones, Lââm, Dany Brillant, Ben Harper et plus récemment William Baldé ou encore Zaz… Toutes et tous sont passés par les couloirs du métro pour percer. La RATP organisait hier à la station Miromesnil (lignes 9 et 13) un concert en live de musiciens du métro. « C'est l'occasion de se frotter à un public pressé qui n'en a rien à faire. Et de voir si nos nouvelles compositions fonctionnent auprès de monsieur Toutlemonde », raconte après sa prestation Rémy Dugand du groupe Remingway. Ses endroits préférés pour gratter la guitare ? « Franchement, Bastille, t'as la boule au ventre avant de commencer. Sinon, pour l'acoustique, le mieux, c'est le petit couloir de transition à Tolbiac. »

Vote des internautes
Les voyageurs se pressent au pied de la scène, certains filment avec leur téléphone. « C'est un niveau super élevé », s'étonne François, 26 ans, qui reconnaît préférer donner la pièce aux musiciens accrédités par la RATP. Hier, six d'entre eux étaient en compétition. L'enjeu ? Une place sur la scène du festival Solidays cet été. Le premier groupe, Je vous déteste, a été désigné par un jury de professionnels - Wax Tailor, 20Syl, le chanteur d'Hocus Pocus et Carmen Maria Vega. Un deuxième musicien sera élu par les internautes, qui peuvent voter* jusqu'au 27 avril prochain. « Le métro lance ces jeunes talents. Même si plusieurs d'entre eux sont déjà bien implantés sur la scène et certains ont déjà signé des contrats, avec ses cinq millions de visiteurs par jour, le métro est une véritable scène ouverte », poursuit Antoine Nazo, le directeur artistique des « Musiciens du métro ». Chaque semestre, un casting délivre 300 accréditations sur près de 1 000 auditions pour pouvoir jouer dans les espaces des stations. « On ne doit pas imposer la musique aux voyageurs mais la proposer », explique la RATP.