L'école Wattignies chauffée grâce aux eaux usées

Audrey Chauvet

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La chaleur des égouts est récupérée.
La chaleur des égouts est récupérée. — A. GELEBART / 20 MINUTES

Désormais, les voisins de l'école de la rue Wattignies, dans le 12e arrondissement de Paris, auront bonne conscience en prenant un bain : les eaux usées vont servir à chauffer le groupe scolaire grâce à un système breveté par la Lyonnaise des Eaux. Inaugurée ce vendredi par le maire (PS) de Paris, Bertrand Delanoë, la technologie Degrés Bleus pourrait bientôt être étendue à d'autres bâtiments parisiens.

Récupérateurs dans les égouts
Pour Isabelle Kocher, directrice générale de la Lyonnaise des Eaux, cette technologie « a la simplicité des grandes innovations ». Les eaux usées sont toute l'année à une température oscillant entre 12 et 20° C. Grâce à des récupérateurs de chaleur en inox installés dans les égouts et remplis d'un fluide caloporteur, les calories sont acheminées vers une pompe à chaleur qui les concentre jusqu'à une température de 60° C. La chaleur est ensuite transmise au réseau habituel de chauffage de l'école. Les enfants en témoignent : il ne fait pas plus froid qu'avant dans l'école.
Cette première expérience à Paris ouvre la voie à de nouvelles installations : à la mairie du 3e arrondissement, dans deux installations sportives et même à l'Elysée à compter de cet été. « J'ai suggéré que l'on étudie la faisabilité à l'Hôtel de Ville », a déclaré Bertrand Delanoë. Ce système, qui nécessite que l'égout soit assez proche du bâtiment et qu'il soit assez gros pour que la quantité d'eau qui passe soit quasiment constante, pourrait être utilisé dans 10 % des bâtiments parisiens. Pour le groupe scolaire Wattignies, l'investissement s'est porté à 400 000 €. Il a été financé en partie par l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie et devrait être amorti en une dizaine d'années.

Moins de gaz

L'utilisation des eaux usées va permettre à l'école de diviser par deux ses émissions de gaz à effet de serre et de ne plus utiliser le gaz que comme énergie d'appoint. Elle représentera 70 % de ses besoins annuels de chauffage.