Démantèlement d’un réseau d’escrocs aux francs suisses

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Ils fabriquaient des billets de mille francs suisses sur lesquels était mentionné en tout petit : « spécimen ». Et les échangeaient contre de vrais billets. L’Office central pour la répression de la grande délinquance financière est remonté jusqu’à l’imprimerie d’où sortait cette monnaie de singe, en Seine-Saint-Denis. Les policiers ont démantelé le réseau : une famille, du grand-père aux petits-enfants, originaire d’ex-Yougoslavie. Onze personnes ont été arrêtées et mises en examen la semaine dernière, dont l’imprimeur. Certaines ont été placées sous mandat de dépôt, d’autres laissées en liberté sous contrôle judiciaire. Cette forme d’escroquerie appelée le « rip deal » est une opération de change pratiquée dans le cadre d’une transaction à l’étranger. La victime est vendeuse d’un bien de valeur, souvent immobilier. La dernière affaire, qui a permis de remonter la filière, concerne un Suisse ayant accepté d’échanger des devises en liquide pour qu’une partie de la vente échappe au fisc. Le « pigeon » est reparti avec 100 000 francs suisses contrefaits (65 000 e), qu’il avait troqué contre l’équivalent majoré en euros. Le « rip deal » présente deux avantages pour leurs auteurs. D’une part, la collusion de la victime l’incite souvent à ne pas porter plainte. De plus, la mention « spécimen » permet à l’arnaqueur d’échapper à des poursuites pour trafic de fausse monnaie, plus lourdement sanctionnées que l’escroquerie. AFP

hausse Cette pratique de « transactions pourries » est en recrudescence depuis cet automne. Une dizaine de cas ont été recensés à Dijon, Nîmes, Rennes et Melun. Les personnes interpellées en Seine- Saint-Denis sévissaient aussi en Espagne, en Italie et en Suisse, où l’une d’entre elles est encore recherchée.