Les occupations illégales d'HLM en recrudescence

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Difficile de quantifier le nombre de squats existants dans la région. La dernière étude du parc locatif social remonte à 2006. A l'époque, l'Union sociale pour l'habitat en Ile-de-France, l'AORIF, en relevait « 661, notamment en Seine-Saint-Denis, département qui en regroupe à lui seul 36 %  ». A Sevran, une vingtaine de squats ont été recensés en début d'année, sur 1 200 logements. « On a visiblement une recrudescence. C'est peut-être lié au fait qu'une des tours va être détruite et que les gens anticipent leurs départs », confie-t-on à la mairie.
En Essonne, près de 80 % des squats du département sont concentrés sur deux communes, Evry et Grigny. « La tension sur le marché de l'immobilier est si forte que les familles, après une expulsion locative, décident, souvent malgré elles, d'avoir recours à cette forme d'habitat », analyse Florent Berger, chargé de mission à l'AORIF. Face au phénomène croissant, les organismes sociaux tentent de s'équiper avec des portes anti-squat ou des surveillances accrues de maîtres-chiens autour des appartements vacants. Ce qui ne les protège pas complètement. « Ils rentrent le vendredi soir, et du coup, il est trop tard le lundi matin pour demander l'intervention des services de police », rapporte l'AORIF.
Dans certaines cités, les squats sont parfaitement orchestrés. « Des individus en font leur business. Ils repèrent dans la ville des déménagements. Entre deux locataires, ils forcent la porte ou soudoient le gardien pour y faire rentrer soit des clandestins, soit des familles à la rue après des expulsions locatives », détaille Thomas Aguilera, doctorant au centre d'études européennes de Sciences-Po à Paris. Ce dernier, qui réalise une thèse sur les politiques publiques face aux occupations illégales, prévient : « En 48 heures, vous pouvez vous retrouver dehors. Que ce soit dans une HLM ou bien dans le privé ».W. M.

Ce que dit la loi…

énéralement, les logements squattés sont vacants ou vides. Et il n'y a pas eu d'effraction pour y rentrer. La procédure relève donc du civil et le recours à la force publique ne peut se faire qu'après une décision de justice. C'est bien souvent la démarche des associations de défense du droit au logement. En revanche, si un logement squatté est aussi habité, l'occupation constitue une violation de domicile. Les policiers ont 48 heures pour intervenir et déloger les squatteurs. Au-delà, il faut une décision du juge et cela peut prendre plusieurs mois voire plus d'un an.