Le Lido dans les bras de la Sodexho

©2006 20 minutes

— 

Derrière le rideau de la revue « Bonheur », le Lido cachait de sérieuses difficultés financières

Le célèbre cabaret des Champs-Elysées, créé en 1946, a choisi de céder 55 % de son capital à Sodexho pour un montant qui dépasserait les 20 millions d'euros

Le rachat, entériné hier soir, a reçu un « bon accueil » des salariés, selon la CGT, majoritaire

Le nouvel actionnaire s'engagerait en effet à maintenir les effectifs et les avantages acquis

La direction du Lido a dit chercher, via cette augmentation de capital, à assurer « la pérennité de la maison »

Sodexho expliquait pour sa part son souhait de « développer [sa] branche prestige »

En plus de fournir, depuis 1997, les plats haut de gamme du Lido, l'entreprise gère aussi la restauration de Roland-Garros, des Bateaux Parisiens et de sept hippodromes

Si le Lido s'offre au géant des cantines, c'est qu'il a du mal à rentrer dans ses frais

Sa dernière et fastueuse revue, « Bonheur », avait nécessité 9 millions d'euros d'investissement, avec une équipe de 42 danseuses et 17 danseurs qui rivalisent d'acrobaties dans un décor aux multiples effets spéciaux

Mais les spectateurs ont fait faux bond : le taux de remplissage des 1 150 places n'a pas dépassé 70 % en 2005, quand le Moulin-Rouge, boosté par la sortie du film éponyme en 2001, affichait presque complet

Le cabaret montmartrois, détenu par les Clerico, la même famille que les gérants du Lido, a fait la semaine dernière une offre à son cousin

Mais le Lido l'a rejetée

Sophie Caillat

Autre cabaret mythique de la scène parisienne, le Crazy Horse, avenue George V (8º), a été racheté en juillet par des investisseurs belges. Le Paradis Latin (5º), est spécialisé dans le French Cancan.