Le plus grand camp de Roms en sursis

JUSTICE Le tribunal de Pontoise a examiné la demande d'expulsion faite par la ville de Sarcelles...

William Molinié

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Entre 400 et 500 Roms vivent dans ce campement à Sarcelles, considéré comme le plus grand de la région.
Entre 400 et 500 Roms vivent dans ce campement à Sarcelles, considéré comme le plus grand de la région. — 20 MINUTES

Le campement de Roms de Sarcelles (Val-d'Oise), «le plus grand de la région» d'après les pouvoirs publics, ne tient plus qu'à une décision de justice. Mercredi matin, le tribunal de Pontoise a examiné la demande d'expulsion formulée par la commune de Sarcelles (PS) et la communauté d'agglomération Val-et-Forêt des 400 à 500 personnes qui vivent sur ce terrain destiné à l'accueil des gens du voyage. Depuis le démantèlement des camps de Saint-Denis ou d'Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), le nombre d'occupants a augmenté sur ce terrain, prévu à la base pour accueillir une quarantaine de caravanes.

La vie reprend son cours

Un arrêté municipal de péril imminent, pris en février 2010, ordonne aux Roms de quitter les lieux. «Il y a des travaux indispensables à réaliser pour éviter des risques d'incendie et d'électrocution. Les baraquements risquent de s'effondrer», s'indigne Me Sonia Elmidouli, l'avocate de Sarcelles. Mais les associations voient dans cet arrêté de péril, «une manière détournée pour expulser». «On n'a eu aucune proposition de relogement pour ces gens», insiste Jean-Pierre Dacheux, président du collectif de soutien aux Roms du Val-d'Oise. En milieu d'après-midi, le camp de Sarcelles reprenait son activité quotidienne. Quelques hommes s'affairaient à découper des câbles électriques, «trouvés dans la poubelle» assuraient-ils, quand les femmes jouaient avec les enfants. Pas l'ombre de l'angoisse de l'expulsion. «Si les policiers viennent, on ira dans un autre camp. Jamais on ne partira de France», assure Margaretta, qui s'indigne contre les banderoles affichées par les riverains à l'entrée du camp: «Stop aux vols», «Stop à la pollution», ou encore «Stop à l'invasion des rats». «On n'est pas des rats. On n'est pas des voleurs. On est des Européens, et on a le droit de rester en France», grogne-t-elle.

Mise en délibéré

Décision le 6 avril. Mercredi le tribunal se prononcera sur la recevabilité d'une question prioritaire de constitutionnalité formulée par la défense.