« 93, la belle rebelle » ou la Seine-Saint-Denis terreau de créations

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« La Seine-Saint-Denis, c'est de la bombe baby ». Ouverture explosive avec NTM en 1998 au Zénith pour le documentaire de Jean-Pierre Thorn « 93, la belle rebelle », projeté samedi à 18 h au Centre Pompidou (4e),suivi d'un débat. Un film engagé qui renouvelle l'image du 93, terreau fertile pour toutes les musiques, du rock au rap en passant par le funk. Début mars, ce passionnant documentaire était projeté à Bagnolet (93), accompagné par son géniteur qui venait débattre avec le public. On y observe le 93 évoluer, des bidonvilles aux barres, d'abord perçues comme un paradis, du rock au slam. On remarque aussi l'emploi qui disparaît et le racisme qui émerge. « La ségrégation urbaine crée un art à part entière, comme une lutte de libération, souligne le documentariste qui a suivi Dee Nasty, Grand Corps Malade et les punks de Bérurier Noir. « Le hip-hop, la danse, le graff forment une colonne vertébrale. Heureusement que nous avons cet héritage qui donne une fierté. » Constat appuyé par des images d'archives, sorties polémiques de politiques, « le bruit et l'odeur » de Jacques Chirac et des témoignages poignants d'artistes. . « Ces musiques sont une façon de faire vivre ces espaces qui n'ont plus rien d'humain, commente une spectatrice.O. G.