Couvre-feu à Asnières et Gennevilliers

Hélène Colau

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La présence policière a été renforcée près des Courtilles.
La présence policière a été renforcée près des Courtilles. — A. GELEBART / 20 MINUTES

Pendant une semaine, les jeunes d'Asnières et de Gennevilliers auront la permission de 20 h. Les maires des deux communes ont décidé d'imposer aux mineurs un couvre-feu, qui a pris effet hier soir et court jusqu'au 24 mars.

Rivalité entre quartiers
Cette décision fait suite à une série d'affrontements entre bandes rivales venues des deux villes. Depuis samedi dernier, trois jeunes hommes ont été blessés ; un adolescent de 15 ans est décédé des suites d'un coup de couteau à la poitrine. « Il ne s'agit pas de violences urbaines ni de bandes organisées, a rappelé hier Patrick Strzoda, le préfet des Hauts-de-Seine. C'est une rivalité ancienne entre bandes de jeunes de 14 à 17 ans, née du trafic de stupéfiants. »
Le couvre-feu concerne les Hauts d'Asnières et plusieurs quartiers sensibles de Gennevilliers, dont le Luth. Entre 20 h et 6 h du matin, les mineurs ne pourront y circuler qu'accompagnés de leurs parents. La police sera habilitée à les contrôler. S'ils détiennent une arme, ils pourront être placés en garde à vue. Dans le cas contraire, ils seront remis à leurs parents, qui encourront une amende de 38 €. Christophe Crépin, du syndicat Unsa-Police, ne croit pas à cette solution. « Pensez-vous que des jeunes qui font front à des CRS vont être arrêtés par un couvre-feu ?, s'interroge-t-il. Ce qu'il faut, c'est davantage de policiers. » « Un couvre-feu, c'est comme une forte présence policière, ça ne règle pas les problèmes sur le fond, répond Jacques Bourgoin, le maire (PC) de Gennevilliers. Je pense que la situation reviendra vite à la normale grâce au travail de dialogue que nous avons engagé. » Dès samedi dernier, 150 policiers supplémentaires ont tout de même été déployés sur place. Leur mission : s'interposer entre les bandes aux abords de la station de métro Les Courtilles, centre névralgique des rixes, mais aussi arrêter les individus porteurs de bâtons, barres de fer ou battes de base-ball. « 39 ont déjà été interpellés, dont 22 mineurs », a précisé hier Patrick Strzoda. Mais les auteurs des agressions n'ont pour l'instant pas été identifiés.