La RATP présente ce matin sa nouvelle rame, qui équipera les lignes 2, 5 et 9 à partir de fin 2007.

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Dominique Perben Ministre des Transports. Les nouvelles rames qui seront présentées ce matin vont-elles vraiment changer le quotidien des Franciliens ? Ce nouveau métro sera plus confortable, plus sécurisé et moins polluant. Il est équipé de sièges plus larges, d’une climatisation plus performante, et il est moins bruyant que les rames en circulation aujourd’hui. Au niveau de la sûreté, un système de vidéosurveillance embarqué se trouve dans chaque voiture. Enfin, grâce à une nouvelle motorisation, il consommera 30 % d’énergie en moins par rapport à aujourd’hui. C’est le métro du xxie siècle qui arrive. Pourquoi avoir décidé de remplacer en premier lieu les lignes 2,5 et 9 ? Il y a un vrai besoin sur ces lignes, extrêmement fréquentées, et sur lesquelles les rames sont vétustes. Lors de la dernière grève des cheminots, sur la ligne D du RER en décembre dernier, le service minimum n’a pas fonctionné. Quel bilan tirez-vous des accords sur le service garanti signés en juin ? Le service garanti a bien fonctionné durant les deux grèves du début de l’automne. Sur celle de décembre, non. Il faut donc développer davantage le dialogue social. De telles grèves donnent une image désastreuse de l’action syndicale. Mais je crois qu’une prise de conscience est en train de se réaliser. Le croyez-vous vraiment ? Après la grève du RER D, les syndicats s’en sont surtout pris à la direction de la SNCF... C’est très variable selon les organisations syndicales. Je m’emploie à faire comprendre que la défense du service public passe par cette prise de conscience et que la grève ne doit plus être qu’une solution à envisager en tout dernier recours. Quant à la position de la direction de la SNCF, elle était fondée, il n’était pas possible d’accepter de telles revendications. Cette grève était totalement disproportionnée par rapport à celles-ci. Pensez-vous qu’elle laissera des traces ? On a connu des difficultés que je ne souhaite pas rencontrer à nouveau. Sur la partie nord du RER D, il y a même eu des interruptions du trafic qui m’ont amené à mettre en circulation des bus de substitution. Cela est lourd de conséquence pour l’image du service public et pour la crédibilité de certains syndicats. Cette expérience ne vous inquiète-t-elle pas quant à la mise en place d’un vrai service minimum ? Il faut continuer la démarche de contractualisation entamée en Ile-de-France et en Alsace, en l’étendant à l’ensemble du réseau urbain en France. J’ai, depuis quelques semaines, mené des démarches vers les autorités organisatrices de transport, qui sont, je le rappelle, les agglomérations et les régions, et sensibilisé les organisations syndicales. J’espère que dès le début de cette année, des contrats de service garanti seront signés dans des grandes villes, et sur certains réseaux de TER. Le Syndicat des transports d’Ile-de-France (Stif) ne s’est plus réuni depuis le mois de juin. Croyez-vous qu’une solution rapide sera trouvée pour le sortir de la crise ? Sur le volet financier de cette affaire, j’ai fait un geste important en direction des collectivités territoriales, puisque l’Etat financera à hauteur de 400 millions d’euros sur les dix prochaines années le renouvellement des trains en Ile-de-France. Le deuxième problème qui se pose au Stif est interne. Il s’agit de déterminer de quelle façon les décisions financières les plus lourdes doivent être prises. Certains conseils généraux d’Ile-de-France veulent être entendus sur ces questions. Je rappelle que le Stif regroupe la région, les départements et la Ville de Paris. Il est donc important que, pour les grandes décisions, il y ait une négociation. Le Stif doit fonctionner dans un certain consensus, et ne doit pas être le lieu d’un affrontement politicien entre les élus locaux. Mais tant que la loi est respectée, l’Etat n’a pas à intervenir dans tout cela. Le député de Seine-et-Marne Yves Jégo (UMP) va déposer une proposition de loi pour un tarif de Carte orange à 50 euros. Qu’en pensez-vous ? C’est une proposition intéressante. L’idée est que la distance parcourue par les usagers n’ait pas de répercussion sur le prix des transports. C’est aussi un très bon exemple du genre de sujet qui doit être débattu au sein du Stif, car c’est au syndicat de se saisir de cette proposition, et d’en débattre. Recueilli par Mickaël Bosredon

Le Syndicat des transports ne doit pas être le lieu d’un affrontement entre les élus locaux.