Les hôpitaux franciliens se sentent menacés

Hélène Colau

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Menaces de fermeture de services, vente du siège historique… le plan stratégique 2010-2014 de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), adopté en septembre dernier, a du mal à passer. Depuis quelques jours, les protestations du personnel, rejoint par des élus, se multiplient. Lors du conseil de surveillance d'aujourd'hui, les syndicats ont prévu d'interpeller la directrice générale, Mireille Faugère. « Nous allons demander l'arrêt du dépeçage de l'hôpital public (lire encadré), martèle Rose May Rousseau, de l'Usap-CGT. Et ce, jusqu'à ce qu'il y ait une vraie concertation. »

Moratoire sur les fermetures
Le malaise a commencé à monter en janvier dernier, avec l'annonce de la probable fermeture du service de chirurgie cardiaque d'Henri-Mondor, à Créteil. Après plusieurs manifestations, huit parlementaires du Val-de-Marne ont rencontré lundi le directeur de l'Agence régionale de santé (ARS), Claude Evin, et la directrice générale de l'AP-HP pour plaider la cause de l'hôpital. En vain. Le président (PS) du conseil régional, Jean-Paul Huchon, n'a pas eu plus de chance. Il avait fustigé la décision de « fermer le seul centre de chirurgie cardiaque de l'AP-HP extra-muros, dont le bassin de population représente 1,5 million d'habitants » et demandé à l'ARS un moratoire sur les fermetures.
L'annonce du transfert du siège de l'AP-HP à l'Hôtel-Dieu (4e), le 4 mars, a aggravé la situation. La plupart des activités du plus vieil hôpital de Paris seront regroupées à Cochin (14e) et le produit de la vente des bâtiments du siège actuel, investi dans la modernisation des autres hôpitaux. « Des travaux de rénovation pour la mise aux normes de l'Hôtel-Dieu seraient extrêmement coûteux », s'est justifiée Mireille Faugère. « La recherche de solutions face à un déficit imposé par une logique comptable implacable ne doit pas entraîner un risque pour les patients », a réagi le maire (PS) de Paris, Bertrand Delanoë, dans une lettre ouverte à la directrice générale.

Inquiétudes sur plusieurs hôpitaux

La transformation de l'Hôtel-Dieu a été annoncée il y a deux semaines et la fermeture de la chirurgie cardiaque d'Henri-Mondor pourrait être confirmée en juin. Mais le personnel craint aussi la fermeture de Georges-Clemenceau (Champcueil) et d'Albert-Chenevier (Créteil), qui pourrait être vendu. Charles-Foix (Ivry), Joffre-Dupuytren (Draveil) et Emile-Roux (Limeil-Brévannes) appréhendent des fermetures de lits.