Trois ans d’enquête et pas une piste

© 20 minutes

— 

Cela fait maintenant trois ans que la police judiciaire de Versailles « élimine les pistes », « ferme des portes », tente de trouver « le début du commencement » d’une explication. En vain. Estelle Mouzin, alors âgée de 9 ans, a été enlevée le 9 janvier 2003, à Guermantes (77) sur le chemin de l’école. Depuis, l’enquête, d’une ampleur exceptionnelle, n’a pas permis d’apporter la moindre certitude à cette tragédie, laissant la famille d’Estelle à ses doutes, et un probable criminel en liberté. Pour Daniel Hazdaï, directeur adjoint de la police judiciaire de Versailles, « l’affaire est exceptionnelle. Pas un témoignage. Pas un élément matériel. Rien à gratter. » Et donc tout à explorer. Aujourd’hui encore, un groupe d’enquête de dix personnes travaille en permanence sur le sujet. « On ne refermera jamais le dossier. Au bout d’un moment, la source se tarira. Mais ce n’est pas encore le cas. » Plusieurs milliers de personnes ont déjà été entendues. Près de cent cinquante placées en garde à vue. Un portrait-robot, établi sur la base du témoignage controversé d’une camarade de classe, n’a rien donné en dépit de 1 300 appels sur un numéro vert. Toutes les auditions ont été recroisées, des dizaines de victimes de pédophiles écoutées, les puits et les carrières fouillés, des nappes phréatiques prélevées. Rien. Récemment, des recherches ont été lancées dans les pays de l’Est, notamment en Pologne. Mais c’est toujours localement que les enquêteurs espèrent trouver un indice. « Il faisait -10 ºC, rappelle la police. Pas un temps à se balader. Donc, c’est soit un chasseur, soit un proche d’une famille, qui, consciemment ou non, a omis de mentionner sa visite, soit quelqu’un qui travaillait dans le coin, par exemple sur un chantier. Et s’il travaillait au black, on peut mettre très longtemps à le retrouver. » Michaël Hajdenberg