La Croix-Rouge déserte la Seine-Saint-Denis

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Le 30 décembre, la Croix-Rouge a fermé ses trois dispensaires en Seine-Saint-Denis : au Blanc-Mesnil, à Drancy et à Epinay. L’organisation humanitaire fait valoir que les déficits de ces centres étaient devenus « intenables ». Déjà mal pourvu en médecins, le département s’insurge. « Avec 83 généralistes pour 100 000 habitants, contre 103 en moyenne nationale et 93 en Ile-de-France, la Seine-Saint-Denis est classée avant-dernier département de la région concernant l’offre de soins », souligne Ronan Kerrest, vice-président (PC) du conseil général, en charge de la santé. « C’est précisément là où les médecins libéraux ne s’installent pas car c’est moins rentable que l’on a besoin de dispensaires de santé », poursuit-il. Ce type de structures, où l’on est dispensé d’avance de frais, est particulièrement fréquenté par les personnes précaires. « Venaient à la Croix-Rouge des gens qui ne consultent pas spontanément les médecins libéraux », constate Jean-Christophe Lagarde, le maire (UDF) de Drancy. « La Croix-Rouge ne nous a pas laissé le choix, alors nous allons recruter de nouveaux médecins au centre de santé de la Ville, et le conseil général va nous aider. Mais ce sera aux frais du contribuable. » Au Blanc-Mesnil, qui comptabilisait 20 000 consultations par an, « les usagers vont devoir trouver une offre de soins, car le centre de santé municipal ne pourra faire face à l’afflux », remarque Joël Le Corre, médecin-chef de la ville. Idem à Epinay. « Ici, beaucoup de gens n’ont pas les moyens d’aller dans le privé, car ils n’ont pas de mutuelle ou ne peuvent avancer les frais. En plus, ils devront attendre des mois ! », assure Monique Bobot, secrétaire médicale au dispensaire Croix-Rouge d’Epinay. Le président de l’ordre des médecins de Seine-Saint-Denis, Edgar Fellous, se dit « inquiet » de la situation sanitaire du département. Mais souligne que, s’il manque des médecins en Seine-Saint-Denis, « ce n’est pas uniquement pour des raisons financières, mais d’environnement au sens large ». Sophie Caillat

fermetures La Croix-Rouge a également fermé sa délégation départementale d’Aulnay-sous-Bois. Cette structure assurait l’accueil des RMistes, l’hébergement d’urgence, le Samu social et la domiciliation. Six structures de la Croix-Rouge doivent fermer prochainement en France. L’association refuse de communiquer jusqu’à la réunion de son comité central d’entreprise, prévue le 11 janvier. Le sort des cent trente-sept salariés menacés par ces cessations d’activité y sera examiné.