Roissy veut voler plus haut

Lauren Horky

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Les vols se font de plus en plus fréquents à l'aéroport de Roissy Charles-de-Gaulle, ce qui provoque l'exaspération des habitants alentour comme Catherine Bouvier, qui subit les nuisances depuis 1964 à Taverny.
Les vols se font de plus en plus fréquents à l'aéroport de Roissy Charles-de-Gaulle, ce qui provoque l'exaspération des habitants alentour comme Catherine Bouvier, qui subit les nuisances depuis 1964 à Taverny. — CHAUVEAU / SIPAS. ORTOLA / 20 MINUTESS. ORTOLA / 20 MINUTES

Les associations de défense contre les nuisances aériennes l'attendent depuis décembre 2007, quand des engagements avaient été pris à l'issue des travaux du Grenelle de l'environnement. Désormais, le relèvement de 300 mètres des altitudes de vol à l'approche de Roissy-Charles de Gaulle se précise. Une enquête publique sera lancée demain et durera jusqu'au 1er avril auprès des 154 communes de l'Aisne, de l'Oise, de Seine-et-Marne, du Val-d'Oise et des Yvelines, concernées par la refonte des trajectoires d'avions au nord et à l'est de l'aéroport. Cette mesure, qui devrait être effective à l'automne prochain, permettra de diminuer les nuisances sonores la journée et la nuit.

Quelques heureux gagnants
Un bonheur pour Catherine Bouvier. Membre actif de l'association Advocnar, elle habite Taverny dans le Val-d'Oise, à une vingtaine de kilomètres à l'ouest de Roissy. Elle fait partie des heureux gagnants, ceux qui bénéficieront pleinement des changements opérés. « 300 mètres, c'est énorme pour nous ! Ici, les avions passent 800 mètres au-dessus de nos têtes. Le gain correspond donc à plus du tiers de l'altitude de survol actuelle. Pour nous c'est très important, cela va nous changer la vie », se réjouit celle qui habite Taverny depuis 1964. « Je suis presque née ici, poursuit-elle. J'ai donc vu les choses se dégrader au fur et à mesure. La situation est devenue insupportable autour de 1998, quand le trafic de nuit a beaucoup augmenté, notamment avec les avions de fret, plus anciens et donc bien plus bruyants. A chaque retour de vacances, c'est flagrant. On se rend compte de ce que l'on endure toutes les nuits, et même tous les jours ». Maman de deux adolescents « trop âgés aujourd'hui pour se pencher sur cette question », elle se rappelle les nuits agitées lorsque ceux-ci étaient enfants. « L'incessant ballet d'avions a beaucoup perturbé leur sommeil. Ils ont souvent été à l'école fatigués, et ce n'est certainement pas la meilleure chose pour apprendre. Leur santé était mise en jeu », s'indigne-t-elle. Tout comme celles des adultes. Catherine Bouvier ne compte plus dans son entourage les personnes « obligées de prendre des somnifères pour dormir la nuit, des amphétamines pour tenir la journée… » Heureusement pour elle et une majorité d'habitants du Val-d'Oise et d'une petite partie des Yvelines, tout ça ne devrait être bientôt plus que de l'histoire ancienne.