Paroles de crackeurs : «  Ce n'est pas une vie ici, je veux arrêter »

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John, 40 ans
« Quand on fume dehors, on consomme beaucoup plus que lorsqu'on était dans des squats, comme à La Chapelle, où nous avons été délogés il y a un mois. Dans la rue, il y a le stress des policiers, des bagarres. On devient parano et donc on est plus rapidement en manque. »

Julia*, 24 ans
« Je comprends que les gens du quartier puissent avoir peur de nous. On est là à faire la manche, à errer. On n'est pas propres. Et ce n'est pas forcément évident de comprendre ce qu'il se passe sous ces pylônes quand on ne connaît pas. Mais on ne sait pas où aller. Si on dort là, c'est parce qu'on n'a pas d'autres endroits. »
Ali, 46 ans
« J'ai essayé d'arrêter. J'ai réussi pendant neuf mois. Mais c'est parce que je suis sorti du quartier. Aujourd'hui, mon premier souci, c'est d'arrêter. Parce que c'est pas une vie ici. Quand les policiers débarquent, ils nous mettent contre le mur. Après, on ne retrouve plus nos duvets ni nos affaires. »

Stevens, 38 ans
« Pour nous, le crack, c'est cher. Avec 30 €, on a une petite galette. L'argent de la manche de la journée, qu'on devrait utiliser pour l'hôtel, y passe. Même pour un sandwich, on n'en a plus. Ce sont les habitants du quartier qui nous donnent à manger. »Recueilli par W. M.