Paris

La visite à domicile contrarie les médecins

L'Union régionale des médecins libéraux d'Ile-de-France publie son enquête réalisée en mars 2005.

La visite à domicile, c'est comme les antibiotiques : c'est pas automatique

Tel est le message que l'Union régionale des médecins libéraux d'Ile-de-France (URML-IDF) entend faire passer, à travers la publication d'une enquête réalisée en mars 2005 auprès des généralistes franciliens

Sur 10 000 médecins sollicités, près de 1 600 ont répondu à cette étude

86,4 % d'entre eux disent limiter volontairement leurs visites à domicile et 84,5 % estiment qu'elle n'est pas justement rémunérée

57, 7 % des médecins interrogés sont même favorables à une dissuasion financière en cas de visites à domicile injustifiées

« Il s'agit d'améliorer ce service qui reste une exception française, justifie Bernard Ortolan, président de la section généralistes URML-IDF

Car il est avant tout destiné aux personnes âgées et non autonomes

» En Ile-de-France, 42,7 % des visites à domicile concernent les personnes non autonomes, selon cette enquête

Un quart des demandes de visites à domicile seraient injustifiées

Parmi elles, 5,1% des patients invoqueraient pour ne pas se déplacer un problème aigu, 4,3 % des attentes trop longues au cabinet et 4 % des obligations professionnelles

« Nous ne voulons pas supprimer mais revaloriser cet acte, compte tenu du temps passé », précise Bernard Ortolan

En effet, un médecin francilien consacre en moyenne 41 minutes pour une visite, soit 23 de plus qu'une consultation au cabinet

Et paradoxalement, les généralistes n'appliquent pas de majoration libre pour leurs déplacements injustifiés

Le tarif moyen est de 34 e, mais plus de la moitié pratique le tarif normal, soit 30 e

Aurélie Onillon

Pour 57 % des médecins, la visite à domicile est une « contrainte ». 49,2 % la considèrent comme une « nécessité » et 35 % comme un « devoir ». Les médecins effectuent en moyenne 16 visites par semaine.