Le Spyce fait le pari de la créativité pour maintenir la vie de quartier

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Le gigantesque écran LED qui scintille derrière le comptoir attire irrémédiablement l'œil depuis la rue. Rien à voir avec la devanture opaque de l'ancien « Mixer Bar », roi du Marais des années 1990. « Le club périclitait, raconte Philippe, directeur artistique du tout nouveau « Spyce ». Quand on a su qu'il fermait, on s'est dit que c'était un bar de plus à disparaître dans le quartier. On s'est cotisé pour le racheter et le moderniser. »

Une clientèle qui se lasse vite
Vaste challenge pour l'équipe du lieu qui a dû jongler avec les contraintes. « Le Marais est devenu un quartier d'habitation. Monter un bar, c'est aussi effectuer des travaux d'insonorisation pour être accepté des voisins. » Le Spyce s'est donc suspendu dans un cocon. Des murs au plafond, tout a été étudié pour que les vibrations des DJ qui animent chaque soir la piste ne sortent pas de l'enceinte de l'établissement. A l'intérieur, pourtant, les décibels sont à fond. « Notre marque de fabrique, c'est le son, sourit Philippe. Les bars forment la colonne vertébrale du Marais, mais pour qu'ils tournent, il faut que chacun ait une ambiance différente. » Soixante-dix bars gays sont encore implantés dans le Marais, dont 35 rien que dans le 4e arrondissement. De quoi proposer des alternatives. « C'est essentiel, car la clientèle gaie aime le Marais, mais se lasse vite. Pour maintenir la vie de ce petit quartier, c'est à nous d'être créatifs. »T. R.