Procès des agresseurs de Bruno Wiel: L'un des accusés évoque l'homosexualité de la victime

JUSTICE Devant la cour d'assises du Val-de-Marne...

Oihana Gabriel

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Bruno Wiel devant la cour d'assises.
Bruno Wiel devant la cour d'assises. — BAUDET / JDD / SIPA

Pour la première fois, ils ont évoqué l'homosexualité de leur victime. Mardi, l'un des agresseurs de Bruno Wiel jugés depuis une semaine devant la cour d'assises du Val-de-Marne a raconté l'agression de cet homme torturé à la sortie d'un bar et laissé pour mort en 2006 dans un parc de Vitry. «On avait vu qu'il était éméché et homo, on en a profité pour le voler, explique Antoine Soleiman. Il y a plusieurs facteurs déclenchants, on ne peut pas nier que l'homosexualité en a été un.»

La question du caractère homophobe de cette agression est centrale dans ce procès, pour lequel SOS homophobie s'est constitué partie civile. Jusqu'ici les quatre accusés disaient ne plus se rappeler les faits et expliquaient leurs actes par l'alcool et la «frustration», car Bruno Wiel n'avait que 10 euros sur lui. Ce dernier n'a plus aucun souvenir de cette nuit de calvaire. «J'avais peur en venant au procès que les souvenirs me reviennent, avoue-t-il. Je n'ai pas l'impression que c'est mon histoire. Je souhaiterais vraiment savoir comment on peut faire subir ça à un être humain. On m'a promis la vérité. Et ça change tous les jours. Je pense que je ne saurai jamais.»

«Si on est venus là, c'est pour avoir des réponses»

La victime a détaillé les séquelles physiques et mentales que cette agression lui a laissées. «Je ne suis plus qu'un homo agressé. Je n'ai peut-être pas envie de me souvenir. Je souhaite retravailler et aller dans une ville où on ne me connaît pas.» Mais c'est surtout le témoignage de son frère qui semble avoir délié les langues des accusés. Il leur a demandé de se lever et de le regarder: «Un an de prison, c'est peut-être long, mais sept mois de rééducation… Si on est venus là, c'est pour avoir des réponses. Je ne veux pas de 'Je ne me souviens plus'». Les agresseurs regrettent leurs actes, mais insistent sur le fait que l'homosexualité de la victime a peu joué. «On n'est pas des homophobes», répète Antoine. «Ça a été une perte de contrôle totale. Tout l'or du monde ne justifie pas ça». Une dernière défense avant le verdict, attendu vendredi.