Des policiers de terrain à Belleville

WIlliam Molinié

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La première brigade spécialisée de terrain va lutter contre la vente à la sauvette, la prostitution et les trafics.
La première brigade spécialisée de terrain va lutter contre la vente à la sauvette, la prostitution et les trafics. — S. ORTOLA / 20 MINUTES

Les policiers veulent rétablir le contact avec la population, surtout dans les quartiers difficiles. A partir d'aujourd'hui est déployée la première brigade spécialisée de terrain (BST – ancienne UTeQ pour Unité territoriale de quartier) de Paris. Composée de 25 fonctionnaires, elle est rattachée au commissariat central du 20e et opère autour du métro de Belleville, au carrefour des 10e, 11e, 19e et 20e arrondissements.

Lutte contre la vente

à la sauvette
Cette unité de police de voie publique se déplacera essentiellement à pied et sera chargée « d'établir un contact plus affirmé avec la population », détaille Michel Gaudin, le préfet de police qui refuse de parler du retour d'une « police de proximité », un terme qu'il juge « trop polémique ». Parmi les missions des policiers, la lutte contre le développement des marchés clandestins. « Notre but n'est pas de devenir une brigade anti-vente à la sauvette. Mais ce sera bien évidemment une de nos priorités », précise Roland Toineau, chef de la BST de Belleville. Par ailleurs, les nouvelles recrues devront glaner des informations sur les réseaux de prostitution et les trafics pour les transmettre aux services de renseignements. « On tiendra compte de l'évolution de la physionomie du quartier. On pourra s'appuyer sur des unités de renfort si nécessaire. Mais l'objectif n'est pas de mettre à feu et à sang Belleville », poursuit le chef de la BST, qui s'attend à « un rapport musclé dans les premiers jours avec certains trafiquants que notre présence va forcément déranger ». De leur côté, les mairies d'arrondissement sont satisfaites de l'arrivée de cette nouvelle brigade. « La population de Belleville, qui est déjà précarisée, a parfois le sentiment d'être délaissée, abandonnée. La visibilité de cette brigade sera déterminante pour améliorer la qualité de vie dans le quartier », estime Patrick Bloche, maire PS du 11e.

horaires

Les policiers, qui ont reçu une formation aux problématiques de Belleville, patrouilleront de 14 h 30 à 22 h 30. Une amplitude horaire pas forcément adaptée à la lutte contre les « marchés de la misère » du matin. « Il faudra réajuster les patrouilles », selon Frédérique Calandra, la maire PS du 20e.