Voguéo risque de quitter la seine

Alexandre Sulzer

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Bientôt le dernier voyage pour la navette ?
Bientôt le dernier voyage pour la navette ? — S. POUZET / 20 MINUTES

Voguéo va-t-il prendre l'eau ? Le service de navettes fluviales assuré depuis juin 2008 entre l'école vétérinaire de Maisons-Alfort (Val-de-Marne) et la gare d'Austerlitz (13e) joue son avenir aujourd'hui au conseil d'administration du Syndicat des transports d'Ile-de-France (Stif), l'autorité organisatrice des transports. Des élus, appuyés par la direction du Stif, entendent mettre fin dans neuf mois à cette expérimentation qui, sur le papier, est un échec.

Des recettes très faibles
En moyenne, seules sept personnes embarquent pour chaque course depuis la naissance de Voguéo. Une désaffection du public qui se traduit par un gouffre financier : si le service rapporte 150 000 € de recettes par an, il coûte 4,1 million d'euros ! Une perte qui a d'autant plus de mal à passer auprès des élus de grande couronne, qui estiment que cette somme bénéficierait davantage aux RER, surchargés et délabrés. Mais les administrateurs parisiens ne l'entendent pas de cette oreille. « Le transport fluvial a un avenir. Il faut prolonger l'expérimentation de trente mois afin de permettre d'engager la réflexion sur le prolongement de Voguéo jusque dans les Hauts-de-Seine, assène Annick Lepetit, adjointe au maire (PS) de Paris en charge des transports. Voguéo aura du succès seulement s'il traverse Paris. »