Le contrat énergétique entre dans le social

Mickaël Bosredon

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La résidence Saussaie à Vitry-sur-Seine doit voir sa consommation diminuer de 40 %.
La résidence Saussaie à Vitry-sur-Seine doit voir sa consommation diminuer de 40 %. — LAIR & ROYNETTE ARCHITECTES

Un chantier qui sera suivi à la loupe. Le premier contrat de performance énergétique (CPE) dans le logement social, a été signé hier entre Brezillon, filiale de Bouygues Construction, et LogiRep, bailleur social qui gère 35 000 logements sociaux en Ile-de-France. Il porte sur une résidence de 231 logements à Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne).

Le locataire sera invité à rétrocéder une partie des économies
Brezillon, qui a remporté l'appel d'offres parmi sept candidats, a deux ans pour rénover la résidence Saussaie, afin de lui faire économiser 40 % de consommation énergétique. L'entreprise garantit cet objectif sur une durée de quatre ans à l'issue des travaux. La garantie de résultat est un des principes de base du CPE, outil créé par la loi Grenelle de l'Environnement 2.
Le bailleur profitera de cette opération pour rénover les installations électrique et sanitaire des appartements, et même pour créer jusqu'à 25 % de surface supplémentaire, par surélévation ou extension.
Pour financer le projet qui se chiffre à 10 millions d'euros, LogiRep va actionner tous les leviers possibles. Y compris solliciter ses locataires. « Nous avons la possibilité de leur faire rétrocéder jusqu'à 50 % du montant de l'économie réalisée sur leur facture énergétique », explique Christian Giuganti. « Mais tout cela se fera après négociation, rien ne sera imposé. » L'économie est estimée en moyenne à 25-30 € par mois par foyer.
Philippe Pelletier, président du comité stratégique « Plan Bâtiment Grenelle », pense de son côté qu'il est « essentiel de pouvoir disposer d'exemples comme celui-là ». « Il y a 4,5 millions de logements sociaux en France, dont la consommation moyenne est de 170 kWh/m2/an. C'est moins que la moyenne de l'ensemble du parc immobilier en France (250 kWh/m2/an) mais loin de la norme BBC (Bâtiment basse consommation) qui obligera à construire à 50 kWh/m2/an à compter de 2013. Le vrai sujet des années à venir, c'est la rénovation de l'existant. »