La lassitude gagne les électeurs de Corbeil

William Molinié

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Hier matin, des militants de droite et de gauche ont tracté sur le marché de Corbeil.
Hier matin, des militants de droite et de gauche ont tracté sur le marché de Corbeil. — S. ORTOLA / 20 MINUTES

Les Corbeil-Essonnois connaissent bien le chemin des bureaux de vote. Dimanche, ils devront à nouveau se déplacer pour élire leurs conseillers municipaux. La troisième fois en trois ans, après l'annulation de l'élection de Jean-Pierre Bechter (UMP) en octobre 2009. Un scrutin tenu après l'invalidation de l'élection de Serge Dassault (UMP) en mars 2008, déclaré inéligible en raison d'irrégularités de procédures. Du jamais-vu dans l'histoire de la Ve République.

« Le système Dassault perdure »
« Franchement, les gens ici ont honte. Quand je vais voir des amis, ils se moquent de notre ville et des guerres entre les politiques », racontait hier matin, sur le marché de la Place d'Essonne, Christelle, 34 ans, habitante de la ville depuis sept ans. Cette année, la campagne semble dépassionnée. « C'est plus serein. Il y a moins de coups bas que les années précédentes. Je crois que tout le monde en a marre », précise Paulette, une militante communiste. La gauche locale explique ce ras-le-bol ambiant par ce qu'elle appelle le « système Dassault ». « Il perdure encore aujourd'hui », nous confiait hier Bruno Piriou, la tête de liste commune au PS, PC, et Verts, faisant référence aux électeurs des cités de la ville à qui l'avionneur Serge Dassault a fait des dons d'argent avant sa réélection en 2008. « Ce sont des conneries. Piriou est un faussaire, manipulateur et a fabriqué de toutes pièces ces faux témoignages », répond Jean-Pierre Bechter, le maire sortant, bras droit de Serge Dassault. « Ils sont tous pareils. Que ce soit la droite ou la gauche, de toutes façons, les conditions de vie se dégradent : trop de chômage et d'insécurité », s'énerve Gérald, 39 ans, qui redoute une abstention record.
La semaine dernière, le député-maire d'Evry Manuel Valls (PS), était en visite au marché des Tarterêts, à Corbeil. Lui et son équipe ont été insultés et ont essuyé des jets d'œufs crus. Dans l'autre camp, la voiture de Serge Dassault a aussi été fracturée. Un ordinateur a été volé. A Corbeil-Essonnes, les « coups bas » ne sont jamais très loin…

Trois candidats

Les électeurs de Corbeil vont devoir choisir dimanche entre trois candidats. A gauche, Bruno Piriou a réussi pour la première fois à rassembler Verts, PS et PC dès le premier tour. A droite, Jean-Pierre Bechter, le maire UMP sortant, conserve symboliquement dans son équipe Serge Dassault à la dernière place. Une autre liste de droite, conduite par Jean-François Bayle, ancien adjoint de Jean-Pierre Bechter en rôle de « troisième homme », vient jouer les trouble-fêtes.