Paris dévoile son nouveau Roland-Garros

William Molinié
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Un nouveau court de tennis doit être construit dans le jardin des serres d'Auteuil (16e).
Un nouveau court de tennis doit être construit dans le jardin des serres d'Auteuil (16e). — S.ORTOLA / 20 MINUTES

   « Nous ne raserons pas les serres d'Auteuil. C'est une rumeur », a insisté lors d'une visite de terrain hier, Anne Hidalgo. A trois mois de la décision de la Fédération française de tennis (FFT) sur un éventuel déménagement de Roland-Garros, la première adjointe PS au maire de Paris a voulu faire taire les « mauvaises langues ». Et surtout convaincre la FFT de conserver son tournoi du Grand Chelem dans les murs parisiens. La compétition, à l'étroit dans ses 8,5 ha de la Porte d'Auteuil, est depuis plus d'un an courtisée par d'autres villes de banlieue — Marne-la-Vallée (Val-de-Marne), Gonesse (Val-d'Oise) ou encore Versailles (Yvelines) - attirées par les quelque 60 millions d'euros de bénéfice généré chaque année. 

 Des concerts ou des colloques
Le projet d'agrandissement de Roland-Garros à Paris, évalué à 235 millions d'euros, prévoit de détruire l'actuel court numéro 1 pour faire de la place aux spectateurs et de construire un autre stade non couvert de 5 000 places de l'autre côté de l'avenue Gordon Benett, dans le jardin historique des serres d'Auteuil (16e). La nouvelle enceinte, semi-enterrée à 3,5 m sous le sol, serait alors bâtie sur un site de 2 000 m2 qui accueille aujourd'hui des plantes rares et des bâtiments techniques, ce qui permettrait de préserver la partie des serres classée aux Monuments historiques. « Nous voulons plus de place au sol pour être moins étouffé », explique Gilbert Ysern, le directeur du tournoi. « Cette enceinte polyvalente sera capable d'accueillir le tournoi pendant la quinzaine. Et le reste de l'année, on pourra y donner des concerts ou des colloques, pourquoi pas sur la biodiversité ou sur l'environnement », explique Marc Mimram, l'architecte du projet. Pour autant, le projet d'agrandissement est décrié par les élus UMP du 16e, plusieurs associations de riverains et le groupe Europe-Ecologie-Les Verts au Conseil de Paris qui y voient un « sacrifice de ce patrimoine inestimable pour les besoins du sport business ». 

Redevance

Aujourd'hui, la FFT bénéficie d'une redevance d'un peu moins de 2 millions d'euros par an. Mais la Ville de Paris souhaite l'augmenter lors de la prochaine négociation en 2016. Le Conseil municipal l'aurait voulue supérieure dans un premier temps à 15 millions d'euros. Bertrand Delanoë l'aurait depuis abaissée. Un chiffre de 8 millions circule actuellement à la FFT. « C'est un point de discorde important entre nous et le maire de Paris », nous a confié Gilbert Ysern, le directeur du tournoi.