tranquillité et fête : La ville mise sur la médiation

Anthony Nataf

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D'un côté, des riverains qui se plaignent de ne plus dormir. De l'autre, des patrons d'établissements de nuit qui veulent qu'on arrête de les voir « comme des mafieux » qui n'ont cure de leur voisinage. Les discussions étaient passionnées vendredi, lors du débat sur les nuisances de la fête. La solution préconisée : la médiation. Car les incompréhensions sont nombreuses entre les divers acteurs. « Nous nous retrouvons seuls à devoir gérer les conséquences de la loi anti-tabac », déplore également Cécile Funke, programmatrice à l'Alimentation Générale (11e), qui a récemment perdu son autorisation de nuit suite à une plainte. Pourtant, l'établissement avait fait des travaux d'insonorisation. Pour éviter ce genre de situation, la Mairie de Paris mise sur le dialogue avec la création de commissions d'arrondissement, réunissant pouvoirs publics, riverains et professionnels de la nuit. Mais aussi la mise en place d'un dispositif de médiation de rue entre 22 h et 3 h. Cela existe déjà à Barcelone où clowns et agents de la ville tentent de calmer les fêtards trop bruyants. « On est tous favorables à la discussion, mais il faudra voir à la pratique, car une équipe chargée de la médiation n'a pas d'autorité juridique », note Gérard Simonet, président de « Vivre le Marais! », une association de riverains. « Il faut que la préfecture rentre dans ce système de médiation car elle décide de tout », prévient Florent Ciccoli, gérant de l'International et des Pères populaires, deux établissements parisiens. La Mairie et le Conseil régional devraient aussi aider au financement des travaux d'insonorisation.

La règlementation sonore mal respectée

Dix ans après la parution du décret « lieux musicaux », qui vise à la protection du public dans les lieux diffusant de la musique amplifiée, « la règlementation n'est pas bien respectée », indique une étude de l'Agence régionale de santé d'Ile-de-France publiée samedi. 10 discothèques sur les 25 testées dépassent le niveau sonore maximum autorisé.