À Ris-Orangis, juifs et musulmans disent non à l'esprit de chapelle

maxime terracol

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L'Amitié Judéo-Musulmane de France (AJMF) organise des rencontres entres juifs et musulmans, autour d'un couscous notamment.
L'Amitié Judéo-Musulmane de France (AJMF) organise des rencontres entres juifs et musulmans, autour d'un couscous notamment. — A. GELEBART / 20 MINUTES

Ce week-end, synagogues et mosquées ont fait portes ouvertes. Depuis deux ans, l'Amitié Judéo-Musulmane de France (AJMF), à l'initiative de cette opération, encourage les rencontres entre islam et judaïsme. Le principe : des communautés juives et musulmanes s'invitent respectivement dans leurs lieux de culte.
Vendredi soir, mosquée de Ris-Orangis (Essonne). Au premier étage, une vingtaine de personnes sont réunies. « Salam aleikoum, vous êtes ici chez vous », lance tout sourire, Mohamed Touhami, le président de l'association culturelle musulmane. Face à lui, l'imam de la ville mais aussi Michel Serfaty, le rabbin de Ris-Orangis, et des fidèles des deux bords. Tous ont pris soin de laisser leurs chaussures à l'entrée. Autour d'un thé à la menthe, l'heure est à l'écoute mutuelle. Une habitude bien ancrée dans cette ville du sud-est parisien qui dénombre près de 300 familles juives et une communauté musulmane dix fois plus nombreuse. « Voilà 10 ans que nous construisons notre amitié. Chaque année, nous posons une petite brique. ça avance et tout ce que nous faisons n'est pas vain », explique Michel Serfaty, également coprésident de l'AJMF. « Un binôme, une famille, je vous dis », lâche-t-il. Il faut dire qu'ici, les religions cohabitent.

Des communautés toutes voisines
La synagogue, la mosquée et un centre protestant se partagent le même trottoir, rue Jean Moulin. Les catholiques, eux, sont à quelques encablures. « C'est simple, nous sommes voisins. Nous sommes frères, nés d'un même père et d'une même mère », souligne à son tour l'imam. « Abraham est notre père à tous », appuie une fidèle. Patrick Racimor, le président de la communauté israélite, l'illustre bien. « Quand on célèbre la semaine de la déportation, on invite nos amis musulmans. Et inversement, on peut participer à la fin du ramadan ». De petites attentions qui cimentent les relations. « Concrètement, on peut s'unir pour obtenir des carrés dans les cimetières. Et nos boucheries casher peuvent fournir les consommateurs musulmans », ajoute-t-il. La municipalité œuvre aussi dans ce sens. En 2000, Ris a signé conjointement un jumelage avec Salfeet (Cisjordanie) et Tel Mond (Israël). Tout un symbole. Hier, tous ont partagé un couscous casher à la synagogue en retour. Les femmes d'un côté, les hommes de l'autre. Mais la mixité n'est pas la priorité. « Nous voulons que les enfants des deux communautés se rencontrent pour mieux se découvrir », plaide Mohamed Touhami. Prochaine pierre à l'édifice donc : l'implication des plus jeunes

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Née en 2004, l'AJMF compte cinq antennes en France et de nombreux partenaires (CRIF, le Consistoire de Paris, la Mosquée de Paris…). Au delà de l'opération portes ouvertes entre les mosquées et les synagogues lancée l'année dernière, le mouvement s'illustre chaque été avec son tour de France du bus de l'amitié. Cet été, l'AJMF a été porter le message inter-religieux auprès de 15 000 jeunes, dans une trentaine de villes de l'Hexagone. Plus d'infos sur www.ajmf.org.