Dans les coulisses des stations fantômes

William Molinié

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Ces stations fantômes accueillent les tournages de cinéma ou de pub toute l'année.
Ces stations fantômes accueillent les tournages de cinéma ou de pub toute l'année. — A. GELEBART / 20 MINUTES

Juste derrière le quai des voyageurs de la ligne 11 à Porte des Lilas, un véritable décor de cinéma s'ouvre sur la cinquantaine d'invités de la RATP : des producteurs, régisseurs, réalisateurs… L'entreprise leur a fait visiter, vendredi, la partie de la Porte des Lilas utilisée exclusivement aux tournages de films : « Amélie Poulain », « La femme de l'ombre », ou plus récemment encore «Hors la loi ».

17 000 € le tournage
« Attention à la fermeture des portes et bon voyage sur la ligne fantôme. » A bord de l'A 475, un train des années 50, les passagers font le trajet jusqu'à la station Haxo, une gare sans ouverture sur l'extérieur. « Les accès n'ont pas été construits car le programme de développement du quartier n'a pas abouti », explique un agent commercial de la RATP. Il existe une demi-douzaine de stations de ce type, interdites d'accès au public. « La plupart datent d'avant la guerre et n'ont pas été rouvertes après l'armistice », complète-t-il.
Quelques-unes sont utilisées de façon commerciale pour les publicités ou des opérations événementielles. L'occasion pour la RATP de mettre en valeur son patrimoine. « Mais attention. On cultive le côté mystérieux en refusant un grand nombre de demandes », confie un agent. Le prix aussi, peut en décourager certains. « C'est en moyenne entre 15 000 et 17 000 € le tournage. Mais ça peut varier en fonction des demandes et du temps passé dans les souterrains », assure-t-on au département cinéma de la RATP. « Effectivement, ça refroidit. Mais on travaille dans de vraies conditions de professionnels », reconnaît Alexandre, assistant-réalisateur.