Portes ouvertes à la synagogue et à la mosquée à Ris-Orangis

RELIGION Juifs et musulmans disent non à l'esprit de chapelle...

Maxime Terracol

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L'amitié Judéo-Musulmane de France encourage les rencontres entre islam et judaïsme à Ris-Orangis le 7 novembre 2010.
L'amitié Judéo-Musulmane de France encourage les rencontres entre islam et judaïsme à Ris-Orangis le 7 novembre 2010. — A. GELEBART/20 Minutes

Ce week-end, synagogues et mosquées ont fait portes ouvertes. Depuis deux ans, l’Amitié Judéo-Musulmane de France (AJMF), à l’initiative de cette opération, encourage les rencontres entre islam et judaïsme. Le principe: des communautés juives et musulmanes s’invitent respectivement dans leurs lieux de culte.

«Nous posons une petite brique»

Vendredi soir, mosquée de Ris-Orangis (Essonne). Au premier étage, une vingtaine de personnes sont réunies. «Salam aleikoum, vous êtes ici chez vous», lance tout sourire, Mohamed Touhami, le président de l’association culturelle musulmane. Face à lui, l’imam de la ville mais aussi Michel Serfaty, le rabbin de Ris-Orangis, et des fidèles des deux bords.

Tous ont pris soin de laisser leurs chaussures à l’entrée. Autour d’un thé à la menthe, l’heure est à l’écoute mutuelle. Une habitude bien ancrée dans cette ville du sud-est parisien qui dénombre près de 300 familles juives et une communauté musulmane dix fois plus nombreuse.

«Voilà dix ans que nous construisons notre amitié. Chaque année, nous posons une petite brique. Ça avance et tout ce que nous faisons n’est pas vain», explique Michel Serfaty, également coprésident de l’AJMF. «Un binôme, une famille, je vous dis», lâche-t-il. Il faut dire qu’ici, les religions cohabitent.

Des communautés toutes voisines

La synagogue, la mosquée et un centre protestant se partagent le même trottoir, rue Jean Moulin. Les catholiques, eux, sont  à quelques encablures. «C’est simple, nous sommes voisins. Nous sommes frères, nés d’un même père et d’une même mère», souligne à son tour l’imam. «Abraham est notre père à tous», appuie une fidèle.

Patrick Racimor, le président de la communauté israélite, l’illustre bien. «Quand on célèbre la semaine de la déportation, on invite nos amis musulmans. Et inversement, on peut participer à la fin du ramadan.» De petites attentions qui cimentent les relations. «Concrètement, on peut s’unir pour obtenir des carrés dans les cimetières. Et nos boucheries casher peuvent fournir les consommateurs musulmans», ajoute-t-il.

La municipalité œuvre aussi dans ce sens. En 2000, Ris a signé conjointement un jumelage avec Salfeet (Cisjordanie) et Tel Mond (Israël). Tout un symbole. Dimanche, tous ont partagé un couscous casher à la synagogue en retour. 

Les femmes d’un côté, les hommes de l’autre. Mais la mixité n’est pas la priorité. «Nous voulons que les enfants des deux communautés se rencontrent pour mieux se découvrir», plaide Mohamed Touhami. Prochaine pierre à l’édifice donc: l’implication des plus jeunes.