Il y a urgence à l’hôpital Tenon

SANTE Le mouvement de grève du personnel s’est durci ce week-end...

Hélène Colau

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L'hôpital Tenon à Paris le 19 octobre 2010.
L'hôpital Tenon à Paris le 19 octobre 2010. — ETIENNE LAURENT/AFP

«Personnels soignants à bout de souffle», peut-on lire sur une banderole déployée sur les grilles de l’hôpital Tenon (20e). Vendredi après-midi, les cinq infirmiers de service aux urgences se sont mis en arrêt maladie. Une façon de protester contre les conditions de travail éreintantes, conséquence d’un sous-effectif chronique. Sur les 37 infirmiers nécessaires au bon fonctionnement des urgences, il manque aujourd’hui quatorze titulaires selon le personnel, six selon la direction.

Une partie des patients redirigés

Des médecins et des surveillantes ont été réquisitionnés pour assurer le travail des infirmiers des urgences, qui ont tout de même été partiellement fermées ce week-end. Les patients pris en charge par le Samu ont été redirigés vers les hôpitaux Saint-Antoine (12e) et Saint-Louis (10e). Cette vague d’arrêts maladie, si elle est symbolique, correspond à un vrai malaise.

Depuis plus d’un an, les infirmiers multiplient les heures supplémentaires. D’où une grande fatigue qui, selon eux, pourrait mettre les patients en danger. Le problème n’est pas nouveau: le personnel de Tenon est en grève depuis six semaines pour dénoncer les conditions de travail. «Depuis, il y a quelques améliorations, le matériel défectueux est remplacé plus rapidement», concède Pascal, infirmier aux urgences.

Mais le problème de fond demeure. «Les infirmiers ne restent pas plus d’un an à Tenon.» La direction assure mettre tout en œuvre pour recruter. L’arrivée de jeunes diplômés, en décembre, devrait débloquer un peu la situation. «Pour garder les infirmiers, il faut créer une meilleure ambiance, conclut Pascal. Qu’on n’entende plus “Ne venez pas à Tenon”.»