L'État prêt à étudier le cas de Fontainebleau

Mickaël Bosredon

— 

Le classement de la forêt la soumettrait à des réglementations contraignantes.
Le classement de la forêt la soumettrait à des réglementations contraignantes. — V. LOISON / LES PICTOGRAPHISTES

L'accord sur la biodiversité de Nagoya, obtenu le week-end dernier, peut-il redonner des couleurs au projet de parc national de Fontainebleau (Seine-et-Marne) ? Les 193 pays présents au Japon se sont mis d'accord sur l'obligation de protéger 17 % de leurs aires terrestres d'ici à 2020. La France étant à 13,5 % à ce jour, il va lui falloir donner un coup d'accélérateur.

Une forêt « hyperexploitée »
Le ministère de l'Ecologie souligne que les projets de classement en cours devraient suffire à atteindre ces 17 %. « Fontainebleau ne serait qu'un plus par rapport à ces objectifs », a livré Chantal Jouanno, la secrétaire d'Etat à l'Ecologie, à 20 Minutes. Sur le fond, elle estime que ce classement « serait une bonne chose pour la forêt. C'est un territoire exceptionnel, elle le mérite. Nous sommes tout à fait prêts à étudier le sujet. » Mais elle y voit un certain nombre d'obstacles. « La grosse difficulté de Fontainebleau, c'est qu'elle est hyperexploitée. Or, un parc national, cela veut dire des réglementations, notamment en ce qui concerne l'escalade, la chasse… Il faut que les acteurs locaux en aient conscience. »
La mairie de Fontainebleau, qui a lancé une concertation avec les acteurs locaux au début de l'année, va remettre son rapport dans quelques jours au ministère de l'Ecologie, pour qu'il s'en saisisse. Frédéric Valletoux, le maire UMP, se veut optimiste. « Personne ne conteste que Fontainebleau mérite ce classement, et l'Etat y est sensible. Nous avons des arguments : un territoire de 25 000 hectares, la présence de milliers d'espèces d'animaux et de plantes, dont 215 espèces d'oiseaux, la particularité des roches et du “désert” au cœur de la forêt… Et ce serait le premier parc national en Europe implanté au sein d'une aussi grande agglomération et si près d'une ville-capitale. »
Concrètement, un classement permettrait à la forêt d'être dotée d'une centaine d'agents chargés d'assurer l'accueil et la communication auprès du grand public. « Aujourd'hui, nous n'avons que deux agents de l'Office national des forêts le week-end, pour 17 à 20 millions de visiteurs par an, reprend Frédéric Valletoux. Un nombre qui va continuer d'augmenter, ce qui pose des problèmes de dégradations à certains endroits.  » L'élu espère voir sa demande aboutir « d'ici trois à cinq ans ».

Classements

Il existe neuf parcs nationaux en France. Le gouvernement s'est engagé à en créer au moins trois autres : les Calanques avant la fin de l'année, puis le parc des Feuillus (Champagne-Bourgogne). Enfin viendra un parc des zones humides.