La grève des poubelles continue à Paris

Hélène Colau

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Hier matin, les grévistes ont décidé de reconduire leur mouvement.
Hier matin, les grévistes ont décidé de reconduire leur mouvement. — A. Gelebart / 20 Minutes

Avec 1,2 million de personnes desservies, c'est le premier centre de traitement des déchets de France. Depuis le 19 octobre, les agents de propreté de la Ville de Paris, opposés à la réforme des retraites, empêchent les bennes de pénétrer sur le site d'Ivry-Paris XIII (lire ci-dessous), géré par le syndicat intercommunal Syctom. Dix arrondissements et quatorze communes franciliennes, dont Villejuif, Vincennes ou Cachan, y envoient habituellement leurs déchets ménagers. Faute de combustible, l'incinérateur s'est éteint le 22 octobre.

Conséquences environnementales
Bien que 12 % des éboueurs aient cessé le travail, les sacs-poubelle ne s'amoncellent pas dans les rues, comme on a pu le voir à Marseille. Car pour remplacer ses employés, la Mairie se contente de faire davantage appel aux sociétés privées qui assurent déjà une partie de la collecte en temps normal. Mais la grève a d'autres conséquences, plus discrètes. Chaque jour, 1 200 tonnes de déchets sont détournées vers d'autres sites, parfois aussi lointains que Claye-Souilly (Seine-et-Marne). Ces longs voyages en camion ont un coût environnemental, regrette le Syctom. Autre problème, des tonnes de déchets sont enfouies sans traitement. « Normalement, ils sont triés et valorisés, indique le Syctom. L'enfouissement n'intervient qu'en dernier recours. » Dernière conséquence : la vapeur dégagée par le site d'Ivry alimente le réseau de chauffage urbain de l'agglomération parisienne à hauteur de 17 %. « Depuis que l'incinérateur est éteint, cette énergie est remplacée par du fioul et du charbon. Ce n'est pas l'idéal », avoue une porte-parole du Syctom. La Mairie de Paris n'a pas souhaité faire de commentaires.