La CGT financée par la Mairie de Paris? Bertrand Delanoe porte plainte

POLITIQUE Il attaque «Capital» en diffamation...

C. F. et A. S. avec AFP

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Le projet de budget 2009 pour Paris, qui sera débattu lundi et mardi, verra la première hausse depuis 2001 des quatre impôts locaux directs, une augmentation de 9% que le maire socialiste Bertrand Delanoë justifie par des besoins d'investissement, notamment dans le logement social.
Le projet de budget 2009 pour Paris, qui sera débattu lundi et mardi, verra la première hausse depuis 2001 des quatre impôts locaux directs, une augmentation de 9% que le maire socialiste Bertrand Delanoë justifie par des besoins d'investissement, notamment dans le logement social. — Patrick Bernard AFP

La CFTC accuse Bertrand Delanoë de salarier des permanents syndicaux CGT depuis 2001, selon le magazine Capital daté de novembre. «Une bonne trentaine de permanents CGT, planqués dans l'une des mutuelles de la ville, la MCVPAP» (Mutuelle complémentaire de la ville de Paris, de l'assistance publique et des administrations annexes) seraient concernés, selon le mensuel.

La mairie de Paris a aussitôt démenti l’information et, selon nos informations, va attaquer en diffamation Capital, qui parle d'«emplois fictifs». La mairie conteste en avoir pris l'«initiative», les décharges de service de ces «correspondants sociaux» ayant été «instituées en 1948» par une note de service du préfet de la Seine.

1,187 million d'euros en 2004

Les «correspondants sociaux» sont des agents de la ville de Paris qui bénéficient d'une décharge totale ou partielle de service pour aider leurs collègues de travail dans leurs démarches auprès du centre 602 de Sécurité sociale, géré par la MCVPAP, ou auprès de la MCVPAP. La Mairie assure que les correspondants sociaux effectuent bien ces missions d'accompagnement des agents de la Ville.
 
Dans un audit de 2005, l'inspection générale de la ville avait chiffré le coût de ces «correspondants sociaux» à 1,187 million d'euros en 2004, pour 35,37 équivalents temps plein, la mutuelle bénéficiaire des décharges de service étant toujours, à une exception près, la MCVPAP.

L'inspection relevait que «le “statut” de correspondant social n'a pas de véritable fondement juridique», la note de service de 1948 ainsi que celle qui avait suivi en 1975 du préfet de Paris sur le même sujet n'ayant «qu'une valeur juridique extrêmement faible, pour ne pas dire nulle».

Supprimer les correspondants sociaux «dans un délai de trois ou quatre ans»

Sur les 35,37 équivalents temps plein répertoriés en 2004 par l'inspection, il y avait 11 «correspondants sociaux» «à 100%», au sein de trois directions de la ville. L'audit avait proposé de supprimer les correspondants sociaux «dans un délai de trois ou quatre ans», notamment parce que «les intéressés étaient systématiquement choisis parmi les membres de la MCVPAP».
 
Selon le communiqué de la mairie, «la collectivité a décidé de ne pas remplacer les correspondants “permanents” partant à la retraite» et «les agents déchargés à temps plein de leurs activités sont passés de sept à cinq».