à Nanterre, le quartier Joliot-Curie mis à sac

William Molinié

— 

Hier, les voitures et le mobilier urbain autour du lycée Joliot-Curie ont été ravagés.
Hier, les voitures et le mobilier urbain autour du lycée Joliot-Curie ont été ravagés. — A. GELEBART / 20 MINUTES

Voitures brûlées, mobilier urbain vandalisé et policiers pris pour cibles. Les rues à côté du lycée Joliot-Curie de Nanterre (Hauts-de-Seine) ont été mises à sac, hier, en marge d'une manifestation de lycéens. Dans la région, plusieurs d'entre elles ont tourné à l'affrontement contre les forces de l'ordre (lire encadré).

250 casseurs « non lycéens »
Vers 7 h 30, près de 300 lycéens ont bloqué l'accès à cet établissement, mobilisé depuis une semaine pour protester contre la réforme des retraites. « Une demi-heure plus tard, il y a eu des jets de pierres et des yaourts sur les forces de l'ordre », explique Julien Sage, adjoint (Les Verts) au maire de Nanterre. Plusieurs voitures sont alors renversées et brûlées, les abribus vandalisés, ainsi que des cabines téléphoniques. D'après le préfet des Hauts-de-Seine, Patrick Strzoda, ces « scènes de guérilla urbaine [ont été] initiées par 250 casseurs et non des lycéens ». Certains seraient venus en renfort de villes voisines, comme Puteaux ou plus lointaines comme Sartrouville ou Les Mureaux (Yvelines). Les affrontements se poursuivent jusque devant la cité Pablo Picasso, où petit à petit les policiers reprennent le terrain, évitant le contact direct. A la mi-journée, un groupe d'une soixantaine d'individus se rend à La Défense. « J'ai vu des jeunes du collège partir avec eux. Ils étaient en 6e ou en 5e », lâche Fatima, une lycéenne. Très mobiles, ces groupes se déplacent rapidement mais ne font pas de dégâts. « Certains étaient armés de battes de fer », assure un policier qui confirme avoir eu affaire à « des casseurs très jeunes, parfois entre 13 et 14 ans. Ce qui pose un réel problème d'intervention ». Lire aussi pages 7, 8 et 10

Dégradations

A Evry (91), l'accès au centre commercial Evry 2 a été fermé pendant deux heures après que des « casseurs » ont commis des dégradations. A Lagny-sur-Marne (77), un policier a été blessé par des jets de pierre vers 9 h 30. A Combs-la-Ville (77), des cocktails Molotov ont été lancés sur les policiers sans faire de blessé. Un inconnu aurait « exhibé un fusil » avant de prendre la fuite. A Chelles (77), une cinquantaine de casseurs ont incendié des barricades dressées par les lycéens et caillassé les policiers, devant le Lycée Bachelard.A Paris, près de 200 militants anarchistes ont brisé des vitrines et défié les forces de l'ordre dans les secteurs du boulevard Diderot et de l'avenue Daumesnil (12e). Une trentaine d'entre eux ont été interpellés et menottés.