il ne fait pas bon être un scooter dans le haut marais en ce moment

Alexandre Sulzer et Hélène Colau

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Les scooters étaient stationnés dans 4 rues.
Les scooters étaient stationnés dans 4 rues. — A.GELEBART / 20 Minutes

« On a l'impression que c'est Sarajevo. » « Ce sont des inconscients. » « Si la délinquance vient jusque dans le Marais, c'est qu'il y a un problème. » Hier, c'était la consternation parmi les habitants du 3e arrondissement qui tentaient d'aller rendre des livres à la bibliothèque Marguerite-Audoux, rue Portefoin, ou qui passaient simplement par là. Des carcasses calcinées sur le trottoir, des fenêtres explosées, des murs noircis témoignent de l'incendie qui a détruit douze scooters et une voiture dans la nuit de dimanche à lundi.

Une série de quatre incendies
Ce pourrait être un incident banal, si ce n'est qu'il s'inscrit dans une série de quatre incendies en moins de deux semaines. Tous visaient des deux-roues, dans le haut du Marais. Pourquoi ce déchainement de violence dans un quartier habituellement préservé ? Un « gang anti-deux-roues », qui entendrait rendre les places de parking aux voitures, a été évoqué. Mais les habitants n'y croient pas. « C'est le plus beau coin du quartier. Peut-être que les mecs qui traînent d'habitude du côte de la rue Notre-Dame-de-Nazareth sont venus jusqu'ici parce qu'il y a moins de policiers, analyse Mehdi. Une vieille dame aurait entendu des jeunes s'enfuir en rigolant le soir de l'incendie. » Laurence, qui vit dans l'immeuble attaqué par les flammes, penche aussi pour la thèse de la délinquance. « J'ai cru que j'allais crever. Des actes gratuits comme ça, je ne peux pas comprendre. » « C'est parce qu'un scooter, c'est facile à faire sauter, avance une passante. Ou alors parce qu'on est des bobos, ils ont voulu nous embêter… » Le maire (PS) de l'arrondissement, Pierre Aidenbaum, lui, se dit « choqué ». « Des tas de choses se disent dans le quartier. La réalité, c'est que nous n'avons aujourd'hui aucune information particulière. La préfecture de police (PP) n'a aucune piste. Le quartier est très calme et je n'ai pas entendu parler de tensions ces derniers temps. » Depuis la nuit de lundi à mardi, les patrouilles policières ont été renforcées dans le petit périmètre où ont eu lieu les sinistres. « Vu que tout le monde en parle et vu le renforcement de la surveillance, le ou les auteurs devraient se calmer ! », se réjouit le maire. La PP, elle, a refusé de s'exprimer.