Débauchés par la province

William Molinié

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Les Franciliens sont 200 000 chaque année à quitter la région pour la province.
Les Franciliens sont 200 000 chaque année à quitter la région pour la province. — PROVEMPLOI

Marre de Paris, de la pollution, du monde et du stress ? Chaque année près de 200 000 Franciliens partent s'installer en province. Avec une préférence pour Lyon et le Sud-Ouest. Un retour au pays pour certains, un ras-le-bol pour d'autres. « Ce déficit migratoire tend à s'accélérer depuis le début des années 2000 », analyse Antoine Colson, créateur de Provemploi, le salon de l'emploi en région qui ouvre ses portes demain*.

Meilleures conditions de vie
Eric, 48 ans, a plaqué voiture de fonction et déjeuners d'affaire pour retrouver la Méditerranée. Cet ancien cadre de multinationale de la banlieue s'est reconverti en artisan taxi dans la région toulonnaise. Une façon de se rapprocher de sa famille, qu'il rejoignait tous les week-ends depuis quinze ans. « J'en avais marre des pressions. J'ai quitté mon confort et changé de vie à 360° », explique-t-il, tout en admettant que « la crise de la quarantaine a sans doute compté dans [sa] décision ». D'après une étude réalisée sur les 6 000 visiteurs annuels du salon Provemploi, les Franciliens qui décident de partir ont une attirance pour la façade maritime et surtout la Méditerranée, mais davantage pour les villes moyennes que les métropoles. « Ils ne veulent pas retrouver la même pression qu'à Paris », complète Antoine Colson. Le déclic du grand départ survient en moyenne à l'âge de 33 ans, entre le premier et le second enfant. Et pour la plupart, la recherche de meilleures conditions de vie pèse davantage que l'argument financier. « Ils réalisent qu'ils n'arriveront jamais à offrir à leurs enfants ce qu'ils ont reçu petits », conclut Antoine Colson.