La guerre du dimanche continue

Hélène Colau

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Le personnel de la bibliothèque François-Truffaut réclame une prime plus importante.
Le personnel de la bibliothèque François-Truffaut réclame une prime plus importante. — S. POUZET / 20 MINUTES

Pour la sixième semaine consécutive, il sera impossible d'aller emprunter un livre ce dimanche. Les personnels des trois bibliothèques municipales normalement ouvertes ce jour-là – François Truffaut (1er), Marguerite-Yourcenar (15e) et Marguerite-Duras (20e) – ont voté la reconduction de leur mouvement de grève. Ils réclament une prime de 100 € net par dimanche travaillé, quand la Mairie ne propose que 75 €.

Respect de la vie de famille
Le conflit dure et on ne peut s'empêcher de se rappeler la méfiance de Bertrand Delanoë concernant le travail du dimanche. En juin, il avait invoqué le respect de la vie de famille des salariés pour refuser le classement des grands magasins en zone touristique, ce qui les aurait autorisés à ouvrir tous les jours. Cette règle ne s'appliquerait pas aux employés municipaux ? « Il ne faut pas tout confondre, rétorque la Mairie. Nous avons proposé de classer certains quartiers comme Périmètres d'usage de consommation exceptionnelle [où le travail doit être effectué sur la base du volontariat et payé double], et non comme zones touristiques. Il faut une compensation financière au travail du dimanche. » Selon la Mairie, dans les bibliothèques, les employés ne devraient travailler qu'un dimanche de temps en temps, en se relayant, et avec des horaires réduits. « C'est un service aux Parisiens, tout comme les musées, également ouverts le dimanche. »
Le Conseil de Paris a voté au début du mois un vœu pour « que les négociations soient poursuivies et qu'un accord soit trouvé ». Les syndicats accusent déjà le Maire de Paris d'avoir enterré cette demande. Faux, répond la Mairie, qui assure que la réflexion est en cours.